Yumington 2075, Le rêve Omega, de Jeff Balek

Je n’avais pas du tout imaginé lire Yumington 2075 à ce moment là, j’avais même prévu un petit planning lecture pour la fin de l’année 🙂 En fait c’est en étant bloqué en salle d’attente lors d’un rdv pour un de mes gamins que je me suis rappelé avoir le premier épisode sur mon téléphone. Curieux de voir ce que ça pouvait donner je me suis fait prendre au piège. Ensuite, impossible de lâcher jusqu’à la fin de l’épisode 6.

« Yumington, 2075. Garibor Coont est un ouvrier disséqueur. Son métier : extraire les organes des morts afin de les préparer à la transplantation. Si son quotidien est banal, ses hobbies le sont bien moins : Coont a la capacité extraordinaire de décoder les mémoires d’Heisenberg, les implants mentaux dont est équipé l’essentiel de la population de Yumington. Un don qui va attirer l’attention de l’Organisation, une société secrète dont l’objectif est de résoudre des crimes aussi technologiques que mystérieux. Sous la contrainte, Coont devra enquêter pour leur compte. Et ce qu’il apprendra l’amènera à remettre en cause sa propre identité. « 

Yumington est un projet d’envergure porté par Jeff Balek. Un récit transmédia mêlant aussi bien romans en épisodes (puis sous la forme d’une intégrale) que websérie, réseaux sociaux, site web, fausses publicités et… musique. Un projet qui semble complètement fou et qui ne manque pas d’intérêt à mes yeux.

Mais Yumington c’est aussi et surtout une ville qui évolue au fil des années et de grande périodes historiques. Le Rêve Omega se déroule dans le futur, en 2075. Imaginez une mégalopole, dont la plupart des habitants sont équipés d’implant mémoriels, où le commerce des organes, (Que dis-je ? Le recyclage !) est monnaie courante.

Les 6 épisodes du Rêve Omega, sorte de polar techno futuriste, représentent en réalité 4 enquêtes. 3 assez courtes, qui peuvent être lues indépendamment les unes des autres, et une 4e, plus conséquente, composée des 3 derniers épisodes.

On suit alors Garibor Coont, sorte d’anti héros, ou de héros malgré lui, attachant, drôle dans son attitude et son détachement face à la situation dans laquelle il se voit plonger. Embauché, grâce à ses compétences en hacking memoriel, par l’Organisation, Garibor reçoit ses missions par le biais de pizza livrées, par des robots, à son cubicle (qui n’est rien d’autre qu’une boite de conserve en guise de chambre). Il devra faire équipe avec les John Smith, qui ne sont pas sans nous rappeler les Men In Black, dans un univers assez sombre et parfois étouffant.

Pour sa première affaire, Souvenirs mortels, bien plus sombre qu’il ne l’aurait cru, il aura à comprendre pourquoi certains morts se retrouvent avec le cerveau en bouillie. Dans Peaux de pierre, c’est la découverte d’un corps d’un homme changé en pierre mais encore en vie « à l’intérieur » qui déclenchera la livraison de pizza. Avec Abysses hallucinés, Balek emmène Garibor au fond des océans poru enquêter sur un massacre dû apparemment à une hallucination collective. Étrangement, à partir de là, les agents Smiths ne sont plus, on les a renommés pour des raisons de sécurité. Désormais ce seront les agents Tremblay.
3 enquêtes au gout de X files ou de Black Mirror. Très rythmés grâce à des chapitres très courts, comme des enregistrements de rapports, le tout ponctué de (fausses) pubs extrêmement drôles.

Puis vient le 4e et dernier récit, construit en 3 parties. Bienvenue à #Tijuana ! Dès cet instant, on change de mécanisme et Balek prend plus son temps. Un jeune cryptographe talentueux a décidé de prendre sa vie en main sur les conseils de son psy et se rend à Tijuana pour s’envoyer en l’air. Arrivé sur place, suivi par deux mexicains, il s’installe dans un motel bien tenu et commence à apprécié les joies du lieu lorsque tout bascule. Il se retrouve alors dans une mise en abime sans fin, dans laquelle, porte après porte, il retrouve constamment sa propre chambre.
Attention changement de direction ! Ce qui pourrait passer pour des incohérences à répétition (Coont et Tremblay sont ici des flics qui font équipe depuis 5 ans. L’Organisation n’est plus. Aucune trace de Yumington non plus. Plus de pub. Plus de cublicle… déroutant !) semble finalement dessiner tout autre chose. Je ne vous en dirai pas plus car c’est justement ce mystère qui vous fera avancer. Mais vous ne cesserez de vous poser bon nombre de questions.

Je me rends compte que j’ai fait de nombreuses références à des univers SF assez différents, mais les inspirations de Jeff Balek pour Yumington 2075 – Le Rêve Omega sont omniprésentes.

Yumington c’est une vision peu glorieuse de notre futur : consumérisme excessif, omniprésence des nanotechnologies, surpopulation et problématique de logement… avec une énigme qui se dévoile petit à petit : Qu’est-ce qui est de l’ordre du réel ou du virtuel ? C’est presque dickien sur la fin.

Un vrai bon moment de lecture ! J’ai hâte de lire les autres périodes et j’espère voir un tome 2 pour celle-ci.

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2 réflexions sur “ Yumington 2075, Le rêve Omega, de Jeff Balek ”

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