Viscères, de Mo Hayder

Retour au noir avec ce thriller de Mo Hayder. J’avais lu, il y a quelques années, Tokyo et Birdman. Deux romans très différents par leur approche qui, je l’avoue, m’avaient quand bien brassé. Mo Hayder fait partie de ces auteures que je trouve bien plus trash (n’ayons pas peur des mots) que pourraient l’être certains auteurs.
Avec ses récits on est violenté, ballotté et, surtout, manipulé.
C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis replongé dans son univers.
viscere
« Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd’hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n’ont pas oublié cette découverte macabre, l’histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur. « 

Je n’irai pas par 4 chemins, avec Viscères, Mo Hayder va vous malmener comme elle chahutera ses personnages. Ne soyez pas surpris d’avoir un peu de mal à respirer dans ce huis clôt oppressant.
Petit à petit, au fil des premières pages, l’angoisse monte au point qu’on en devient presque parano. Elle utilise avec soin les codes des films de slasher sur la première moitié, jonglant avec des passages plus « classiques » centrés sur Jack Caffery, son personnage récurrent de flic.

Viscères est une succession de chapitres très courts qui alternent entre la maison des Anchor-Ferrers et la journée compliquée du flic occupé sur une affaire « solo » dont il ne voit plus le bout. Même si on se dit qu’à un moment tout va se rejoindre, on se demande forcément comment les liens vont se créer et quels sont les points communs entre les deux histoires sordides.
Mo Hayder distille au compte-gouttes son intrigue, laisse son lecteur imaginer sa propre histoire puis calme le jeu, et reprend, dans une sorte de jeu sadique avec son lecteur, à l’image de ce que subissent ses personnages enfermés aux « Tourelles ». Dès lors, tout se joue sur la peur. La peur d’une potentielle souffrance physique.
« C’est toute l’habileté de ces hommes, il savent exactement comment faire mal à une mère, à un père »
 C’est seulement arrivé sur la seconde moitié que j’ai senti que quelque chose clochait, que ça ne tennait pas la route et qu’on tombait dans le cliché, croyant vite comprendre une partie de la résolution. Ce qui aurait pu être vraiment décevant. Mais c’était sans compter l’esprit fourbe de Mo Hayder qui, une nouvelle fois, réussit à semer le doute et raccrocher son lecteur.
Viscères est un très bon thriller et Mo Hayder ne faillit pas à son talent de conteuse de cauchemars. Âmes sensibles s’abstenir ou, au contraire, foncez ! 😉

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