Sunflower épisodes 6 à 10, de Minna House

Si vous vous rappelez bien, malgré quelques points faibles, j’avais plutôt apprécié les 5 premiers épisodes. Avec ce cycle je découvrais le travail de Minna House. Voici maintenant les 5 épisodes suivants, sortis entre fin août et fin septembre 2014. Avec le 10e épisode se termine la première saison de Sunflower.

La première remarque que je pourrais faire c’est que c’est un peu le bazar dans la continuité. Les dates de sortie des épisodes ne correspondant pas forcément à la chronologie des événements sur le site de l’éditeur, Minna House faisant des retours en arrière, etc… Et comme il n’y pas de repère temporelle en début d’épisode, on se perd un peu. Mais rien d’alarmant rassurez-vous ! Au fil des récits, on est de plus en plus immergé dans l’histoire générale et on retrouve assez rapidement ses repères. Minna l’explique elle même sur son blog : « Cette approche en mosaïque peut parfois déconcerter, mais elle induit un questionnement et une reconstruction mentale intéressante. Chaque épisode peut être donc lu indépendamment, mais concourt aussi à la construction d’un univers d’une grande richesse. »

Couverture Planète EmeraudeAvec Planète émeraude, l’auteure nous emmène sur Elessar. Une planète qui rappelera vite des planètes « vertes » pour les familiers de l’univers Star Wars: Endor et kasshyk pour ne pas les nommer.
Comme à son habitude, Minna House nous transporte rapidement en pleine forêt tropicale. Mais à la différence de ses tous premiers récits, ici, elle prend soin de son lecteur en lui décrivant, petit à petit les coins et les recoins de la planète, de la cité d’Arandor et de la vie des Eldaris, peuple d’Elessar. Cette découverte, cette visite, ce fait par les yeux de Mahtar, guerrier appelé par les Eldaris pour combattre les Sindaris. Alors oui, ce texte, aussi court qu’il soit, contient beaucoup de personnages, sans compter la planète forestière qui est un personnage à part entière.
Avec cet épisode, l’auteure pose un nouveau contexte dans l’univers de Sunflower et, du coup, crée un texte qui n’est pas très rythmée. Mais là c’est un vrai point positif. On prend enfin le temps !
Inconvénient du principe de feuilleton, je suis un peu resté sur ma faim et j’ai hâte de connaître le destin de Mahtar.

Couverture les dunes de MahjarisLes Dunes de Mahjaris permet à Minna House de donner à nouveau quelques informations sur la Galaxie Sunflower, et redonne un peu de sens au contexte général. On sent également qu’elle tente des choses que ce soit dans le style même de l’écriture ou bien dans la forme. Ici, par exemple, on trouve un début d’épisode orienté hard science  qui réussit à convaincre.
Avec ce 7e épisode On retrouve le Pandora et son équipage tout de suite après l’attaque cyborg en plein espace, réchappés de justesse mais contraints de filer vers la bordure extérieure en plein champ d’astéroïdes. Perdus au milieu de nulle part avec l’hyperpropulsion en panne, leur seule issue sera de d’atteindre Tayma. Mais les cyborgs ne sont pas loin.
Un texte très rythmé dés les premières pages (et là c’est tout à fait pertinent vu l’action) et très prenant. Le personnage de Gibs me fait de plus en plus penser a Han Solo avec son côté mauvais garçon mêlé de bonne volonté et d’altruisme.
Le fait de publier des récits de contextes différents et qui ne se suivent pas directement (alternance) mais qui se rejoignent au fur et à mesure des épisodes, peut créer une certaine confusion. Avec cet épisode Minna redonne de la cohérence à sa continuité.

Couverture Zone rougeDans Zone Rouge, on repart en arrière. Une semaine avant que le Pandora ne parte en expédition plus exactement. Un épisode centré sur le personnage d’Asagi que l’on retrouve sur la planète Genesis dans la ville de New Eden. Asagi est de plus en plus intriguante : qui est-elle vraiment ? Quel est son passé ? Comment a-t-elle acquis ces compétences de combattante ? Bref, Minna House crée une ambiance très énigmatique autour d’elle, et ça marche ! De la même manière, Minna House distille quelques infos qui viennent contribuer à donner de l’épaisseur au background de son univers. Ici on apprend notamment qu’à la suite des guerres de séparation qui ont été à l’origine d’une catastrophe écologique, l’heure est désormais à la reconstruction grâce à la terraformation. New Eden représente alors l’incarnation de ce renouveau : « la promesse d’un nouveau monde où il ferait bon vivre ». Malgré tout il reste des endroits où il ne fait pas encore « bon vivre ». Des lieux pollués, dangereux, infestés de gangs armés, qui conservent encore les stigmates du conflit : les zones rouge. Asagi doit s’y rendre pour retrouver un bout d’artefact alien.
Avec ce récit, Minna House aborde le genre post apocalyptique, par petites touches. Et là encore, ça fonctionne. Décidément, on va de surprise en (bonne) surprise. Ici aussi, les similitudes avec Star Wars sont présentes : le sabre d’Asagi ressemble étrangement au sabre laser des Jedi par exemple.

Couverture Attaque cyborgCette fois ci c’est inévitable. L’attaque a bel et bien lieu. Après avoir détruit l’astroport, les centaines de cyborgs envahisseurs de tournent vers Mahjaris. La première bataille est gagnée grâce aux éléments. La nature a su se montrer aussi féroce que les cyborgs ; tempête de sable et orages auront la peau des assaillants. Mais les cyborgs ne lâcheront pas si facilement. La seconde attaque sera beaucoup plus violente. Impossible d’en réchapper, à moins que…
Avec L’attaque cyborg, Minna House tente un récit de sf militaire. Je dis « tente » parce qu’on sent bien que la maitrise du ce genre n’est pas encore tout à fait là même si elle s’en sort bien. Un retour aux facilités que j’avais pointées dans les tous premiers épisodes, un léger manque de vocabulaire (pas mal de répétitions) et quelques coquilles ne resteront pas longtemps en mémoire. L’action, l’intrigue et les rebondissements prenant le dessus.
À noter la couverture qui montre enfin des personnages et qui se rapproche un peu plus des canons des visuels SF par rapport aux couvertures précédentes. Je la trouve assez réussie d’ailleurs.

sunflower-prince-damnéLe Prince des damnés prend la suite directe de l’épisode précédent. On retrouve Mahtar et Asagi, deux personnages à fort potentiel. C’est LA rencontre que j’attendais entre ces deux personnalités énigmatiques.
Asagi, sauvée de justesse sur le champ de bataille de Mahjaris, se retrouve malgré elle spectatrice d’un combat sans merci entre le guerrier Eldaris et le seigneur des Sindaris : le princes de damnés. Minna House réussit à nous surprendre avec ce dernier épisode amenant un cliffhanger mené tambour battant. Toutes les pièces du puzzle déjà éparpillées au fil des épisodes viennent s’assembler ici. Tout devient cohérent. J’avoue que j’attends la saison deux avec une certaine impatience. Même si le style est encore un peu « jeune », cette série est très plaisante, c’est un bon divertissement.

Un regret peut-être : ce format, très court, qui ne permet pas d’approfondir les relations entre les personnages et la complexité des situations. Je n’en dit pas plus de peur de révéler une partie du récit, mais par moment on aimerait que l’auteure se laisse aller un peu plus dans les descriptions. Pour le reste, Minna House s’en sort plutôt pas mal.

Petit récap’ des épisodes de la Saison 1 

  1. Premier contact
  2. Le désert rouge
  3. Le dieu de Tayma
  4. L’Arche cyborg
  5. La nuit pourpre
  6. La planète émeraude
  7. Les dunes de Mahjaris
  8. Zone rouge
  9. L’attaque cyborg
  10. Le Prince des damnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *