Sunflower, de Minna House

Sunflower est une série de nouvelles de Minna House, presque feuilletonesque puisque l’auteur en publie une régulièrement depuis septembre 2013. Auteure qui, pour moi, était inconnue au bataillon avant la lecture du premier récit. Les différentes 4e de couverture donnent le ton, mais paraissent vite prétentieuses : « Space opéra de grande envergure chère aux grands auteurs de l’âge d’or de la SF ». Malgré tout les différents visuels de couvertures laissent penser que l’univers que l’on découvrira sera sympathique. 

Sunflower c’est aussi le nom d’une galaxie lointaine (tiens tiens…) qui accueille le système Orion Prime (nom du soleil). Sur une des planètes de ce système, les guerres ont fait rage, l’environnement a été complètement pollué et les autochtones ont dû s’adapter, évoluer. Certains allant même jusqu’à modifier leur corps et se faire robotiser. 3 castes règnent dans le système : les natifs, les clones et les cyborgs.

couverture sunflower-1Premier contact est le premier épisode de cette série. « Cinq siècles se sont écoulés depuis les guerres fratricides et l’exil d’une partie des survivants au-delà de la grande barrière d’astéroïdes. Le vaisseau d’exploration Pandora franchit la barrière pour la première fois… ».
À son bord un équipage composé de 3 humains et d’une intelligence artificielle (oui c’est un peu déjà vu). Ils vont croiser le chemin d’un artefact, un signal inconnu qui va s’avérer rapidement être un ennemi. On est effectivement dans du Space Opéra (pas forcément de grande envergure), tous les ingrédients sont là : vaisseaux, astéroïdes, planètes, batailles spatiales,…
L’écriture est rythmée, très simple, peut-être trop par moment, mais la lecture reste agréable. Un bon moment.

couverture sunflower-2Le Désert rouge, seconde nouvelle du cycle, se passe 15 ans avant Premier contact. Tayma est une planète qui fut jadis inhospitalière, balayée par les vents de sable et bombardées de météorites. À sa surface le désert rouge est sans fin. Une jeune femme, apparemment perdue, marche depuis de longues heures et tombe sur d’anciennes ruines. Sans trop réfléchir, elle décide de descendre par une ouverture et d’affronter les ténèbres de ces lieux. Malgré quelques clichés, une écriture un peu « surjouée » et des actions attendues, ce second récit se lit aisément. La chute quant à elle est surprenante et fait bien le lien avec le premier volet.

couverture sunflower-3Le Dieu de Tayma, 3e nouvelle, se situe 1 an avant Premier contact. Centrer sur la vie de la planète Tayma et de la ville Mahjaris, Minna House nous décrit en quelques lignes les habitudes, les coutumes vestimentaires et les différentes catégories sociales. Pour la « mise en couleur » Minna House calque sa description sur celle de la vie au Magreb. On y apprend notamment que la vie économique est concentrée autour de l’exploitation minière. Malgré sa terraformation Tayma reste une planète aride et désertique que seuls les colons issus de la planète Genesis peuvent habiter. On y suit un policier en pleine interception, qui va se retrouver face à l’inattendu. Avec Le Dieu de Tayma Minna House fait ici le lien avec le Désert rouge. Tout semble vouloir s’assembler. Le « Tout » est en formation.

couverture sunflower-4L’Arche cyborg crée quant à lui un lien direct avec Premier contact. L’action se déroule le même jour. L’Arche spatiale, vaisseau monumental de 8 km de long, traverse l’espace pour atteindre Genesis. L’Arche porte en son ventre tout un équipage de cyborgs à image humaine. Plus politique que les précédente nouvelles, l’Arche Cyborg se concentre sur la 3e caste qui compose l’univers de Minna House, après les natifs et les clones. Elle y décrit les mécanismes d’élection des chefs et représentants des cyborg, sur fond de complot et de trahison. Un bémol toutefois la (pâle) copie de l’assassinat de César. Je ne sais pas si c’est volontaire mais j’ai un peur qu’on prend le lecteur pour un imbécile. Bref, mis à part ça, L’arche Cyborg est un texte sympathique, beaucoup mieux écrit que les précédents et qui ne donne qu’une envie : lire la suite.

couverture sunflower-5La nuit pourpre, dernière nouvelle en date de l’univers Sunflower.
« Dans l’arche spatiale, les cyborgs se préparent à reconquérir Genesis, leur planète natale. Mais les différentes communautés se disputent le pouvoir après l’assassinat du haut-commandeur. »Dans ce 5e volet, Minna House s’attarde un peu plus sur les complots interne à la caste des cyborgs. Les 3 générations se succèdent mais seule la première, celle née sur Genesis, est au commandement. Les 2 autres générations, nées sur l’Arche, n’acceptent pas cette situation. La nuit pourpre représente en fait une sorte de Saint Barthélémy façon cyborg.  Avec cet épisode, Minna House montre qu’elle soigne un peu plus son écriture, elle prend le temps de mieux décrire son univers (Description très sympa de l’armée de robots par exemple). Mais comme dans les 4 premières nouvelles, il y a un point négatif : elle fait beaucoup trop référence aux codes et à l’histoire de l’Empire romain. Du coup ça perturbe la lecture, on a du mal à se faire une idée des personnages. Passé cela, ce texte est de bien meilleure facture que les autres.

Dans l’ensemble, je reprocherai à Minna House d’être un peu trop expéditive. C’est assez troublant, on sent qu’elle prend plaisir à écrire et à décrire mais les chutes de chaque nouvelle tiennent en deux pages. S’en est presque frustrant. Je pourrai aussi souligner l’écriture très simpliste des premières nouvelles et  l’écart important entre le très bon et le très mauvais au sein d’un même texte. Malgré tout, au bout de ces 5 premiers textes qui compose l’univers de Sunflower, elle réussit à rendre ses textes beaucoup plus qualitatifs et à créer un univers qui ne laisse pas indifférent.

Prochain épisode : Zone rouge, en septembre 2014

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3 réflexions sur “ Sunflower, de Minna House ”

  1. Merci pour cet article sincère car il donne un avis équilibré sur mon travail, ce qui est précieux et rare.
    Concernant l’aspect « space opéra de grande envergure », si l’on écarte le discourt « commercial » de l’éditeur (après tout il fait son job), c’est bien l’ambition de Sunflower.
    Il serait présomptueux de dire si je vais d’ores et déjà obtenir ce résultat, mais c’est en tout cas l’objectif que je me suis fixée. On ne peut de toute façon pas juger à ce stade sur quelques épisodes alors qu’il faudra probabement plusieurs « saisons » avant d’obtenir une vue d’ensemble du projet.
    Merci encore pour avoir pris le temps de lire et de chroniquer les premiers épisodes !
    Minna.

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