So phare away, d’Alain Damasio

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un texte, même court, d’Alain Damasio. Comme je vous le disais il y a un an maintenant, je découvre sur le tard les littératures de l’imaginaire et donc les auteurs, aussi emblématiques soient-ils. Et ce petit recueil, trouvé par hasard chez un libraire, s’est vu tout naturellement rejoindre ma pile en pleine période de boulimie livresque. Un petit recueil de 3 nouvelles pour découvrir un des auteurs phare (sans jeu de mots) français.

Couverture so phare away
Illustration : Nicolas Fructus

 

Je ne tournerai pas autour du pot, la lecture de ces 3 textes ma chahuté. Je ne saurais dire si j’ai aimé ou non. Là n’est pas le sujet. Mais ce que je peux exprimer c’est la profonde mélancolie encore présente au moment de refermer le livre. J’ai rarement eu cette sensation à la suite d’une lecture.

La première nouvelle, Annah à travers la harpe, est bouleversante. À la fois extrêmement poétique et quasi « organique ». Impossible de ne pas ressentir la force et la tristesse de ce texte, de ne pas le vivre. Une nouvelle sur la mort, la perte d’un être cher et l’incapacité à en faire le deuil. Jusqu’où sommes-nous capable d’aller pour voir revenir nos enfants perdus ? Implacable pour peu que vous ayez des enfants.

So Phare away, qui donne son nom au recueil, est un peu plus longue. Je me suis senti un peu perdu, déstabilisé en la lisant. Prêt à refermer même par moment. Puis finalement j’ai lâché prise et me suis laissé emporter par l’univers (trop ?) métaphorique d’Alain Damasio. Deux gardiens de phare (parmi tant d’autres) communiquent par signaux lumineux dans un monde qui ne ressemble en aucun point au notre. Ici il s’agit de société de masse, de monde en péril, d’amour rendu impossible, de solitude dans la foule. Un texte sombre où la poésie à, à nouveau, une place de choix.

Le recueil de termine sur 4 pages composant la dernière nouvelle intitulée Aucun souvenir assez solide. 4 pages qui parlent à nouveau de la mort et de ce besoin irrépressible de voir revenir ceux qui nous ont été arrachés. Mais cette fois la solution sera virtuelle. Basé sur un souvenir, un logiciel est capable de recréer une image, un contact avec l’être aimé. Un texte court, ultra efficace. Comme une claque.

Après le choc de cette lecture, c’est finalement un sentiment de frustration qui me vient, quand je lis que ce petit Folio est extrait d’un recueil. Une seule chose à faire : me le procurer rapidement.

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