L’Opéra de Shaya, de Sylvie Lainé

Je me gardais ce petit recueil dans un coin de la bibliothèque depuis un moment. Ayant lu beaucoup (trop) d’avis à son sujet, je crois avoir eu une certaine crainte à le lire. Peur d’être déçu ou de ne pas partager l’enthousiasme unanime. Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… 😉

Couverture de l'Opéra de Shaya
Illustration : Gilles Francescano

L’Opéra de Shaya est un recueil qui se compose de 4 nouvelles. 3 textes assez courts et un bien plus long qui donne son titre à l’ensemble. Dans ces 4 récits Sylvie Lainé aborde la thématique de l’autre, de l’étranger et de notre rapport à la différence, de la capacité de chaque être vivant à s’adapter en fonction de l’autre et la possibilité d’en tirer un profit quel qu’il soit.

Je ne vous reparlerai pas des Petits arrangements intragalactiques, un texte très drôle que j’ai déjà lu l’été dernier lors de ma première participation au Summer Star Wars.

Dans l’Opéra de Shaya (le récit, pas le recueil !) le lecteur fait la connaissance de So-Ann qui a bien du mal à trouver sa place et à s’épanouir dans une galaxie colonisée par les humains. Née sur un vaisseau, elle parcourt les planètes dans le but de s’installer, tenter de s’intégrer et de se construire. Mais aucune des différentes cultures humaines ne lui ressemble. Lorsqu’elle entend parler de Shaya, elle n’hésite pas une seconde. L’idée de vivre en totale harmonie avec les autochtones semble irréelle. Mais cette harmonie a un prix… La quatrième de couverture dit que c’est un texte « envoutant et magique ». Je n’irai pas jusque là (même si avec du recul je trouve que c’est assez juste) mais le récit de So-ann est vraiment très beau. Sylvie Lainé signe ici une des nouvelles les plus belles que j’ai eu à lire.

Avec le texte suivant, Grenade au bord du ciel, elle imagine un astéroïde capable d’exacerber les désirs et émotions de celles et ceux qui s’approcheront un peu trop près de lui. Et vous que feriez-vous si vous ne contrôliez plus vos désirs ?

Un amour de sable clôt le recueil. Ici « l’autre » est un simple sable. En apparence seulement, car il se révèle être capable de ressentir et doué d’intelligence. Mais les différences sont tellement importantes que l’humain et le sable ne peuvent communiquer. Un sable est un sable. Chacun passera à côté de l’autre par manque de connaissance. Seule restera cette sensation étrange qu’il vient de se passer quelque chose… mais quoi ?

Une « utilisation » du Space Opéra que je n’avais encore jamais lue. Pas de hard science ici ! Simplement des textes très poétiques, d’une justesse et d’une sensibilité assez incroyable. Des textes parfois drôles, parfois plus durs avec l’homme et la nature humaine. Et je dois dire que je leur ai trouvé un certain écho dans l’actualité du moment.

Le petit plus du recueil est la préface de Jean-Marc Ligny et l’interview de fin. Amis dans la vie, on découvre une certaine complicité entre ces deux auteurs désormais emblématiques de la littérature SF française. Un vrai moment de plaisir. Le tout dans un écrin vert du plus bel effet, avec une illustration de Gilles Francescano.

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