Le ciel nous appartient, de Brendan I. Koerner

Un petit imprévu dans les prévisions de lecture puisque, ayant participé au Masse critique du 23 mai dernier, je me suis vu recevoir cet ouvrage.
Je remercie donc Babelio et les éditions du Livre de poche pour ce livre. C’est toujours un vrai plaisir de recevoir un livre.
En fait, lorsque j’ai coché ce roman, je ne savais pas trop où j’allais. La couverture très seventies me plaisait et le pitch de quatrième de couverture était accrocheur (« un roman à la scorcese », « une histoire vraie racontée comme le meilleur des polars », « Bonnie and Clyde à 10 00 pieds d’altitude »). Alors pourquoi pas ?!

Couverture le ciel nous appartient

Ici, Koerner décrit un monde où il est possible de prendre l’avion sans être fouillé, de ne prendre un billet qu’à l’arrivée et non au départ, ou bien sans passer par l’embarquement mais en traversant le tarmac, tranquillement, sans forcément être inquiété. Alors non, je vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas d’un récit SF où l’intrigue se passe sur un monde parallèle. Non. Nous sommes bel et bien sur notre bonne vieille Gaïa mais dans les années 60-70. Les années où le désire de liberté aux états unis a été plus fort que tout, catalysé par les ravages de la guerre du Vietnam. Durant cette période les détournements d’avion étaient monnaie courante.

« Ils avaient beau agir au nom de motifs très divers, tous partageaient […] la conviction de se retrouver dans une situation tellement inextricable que seul le recours à des mesures extrêmes pourrait les sauver. »

Ici, en plus d’un historique quasi exhaustif de la piraterie aérienne des années 60, l’auteur nous raconte l’histoire (assez hallucinante) d’un duo, un couple de pirates aériens : Roger Holder, ex pilote au Vietnam, brisé et déserteur, et Cathy Kerkow, jeune Bimbo rebelle issue d’une famille modeste.

« Cathy dérivait dans ce monde un peu glauque quand Roger vint frapper à sa porte en janvier 1972. Lui aussi s’était égaré depuis leur rencontre éphémère 13 ans plus tôt. »

Leur « périple » est une vraie plongée dans l’histoire des États Unis, du conflit au Vietnam, comme dit plus haut, mais aussi de la ségrégation, de la lutte des classes minoritaires. Kœrner évoque les black panther, les weathermen et le procès d’Angela Davis. Passionnant.
Au fil des pages, le couple de pirates nous emmène en Algérie et en France. Les grands noms de l’histoire se succèdent avec une vraie volonté de l’auteur d’analyser les relations politiques internationales. Mais, malgré l’intérêt que j’ai pu y porter, J’ai trouvé l’écriture un peu poussive par moment, à cause des nombreuses accumulations de faits divers qui viennent étayer le récit de notre duo. Ce qui, dans les premières pages, paraissait franchement intéressant, génère finalement de l’ennui au bout de 360 pages.

Ce qui me chagrine en refermant la dernière page c’est l’impression de ne pas trop savoir ce que j’ai lu. Un document ? Un essai ? Un roman ? Le mélange de style journalistique et romancé rend l’écriture et l’ensemble du texte assez lourd.  Même si Koerner, qui se concentre sur les faits, prouve qu’il a mené son enquête avec un grand professionnalisme, on se rend vite compte que ce n’est pas un auteur de roman.  Ce qui est bien dommage car le sujet, et le fait que ce soit une histoire vraie, est captivant.

Bref, vous comprendrez qu’à la vue des promesses de couverture, je sois un peu déçu malgré tout l’intérêt historique de cet ouvrage. Choisir entre roman et document aurait été salvateur. Dommage.

 

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