L’âge des étoiles, de Robert A. Heinlein

Premier roman de Robert Heinlein que j’ai le plaisir de lire. Pas sur que ce soit le plus emblématique (je pense notamment à Étoiles, garde à vous !) mais étant tombé dessus par hasard, je me suis laissé tenté.

Couverture Age des étoiles
Illustration : Manchu

« Avec la surpopulation qui épuise les ressources de la Terre, la nécessité de trouver de nouveaux mondes habitables est devenue plus urgente encore en ce début de quatrième millénaire. Cependant, si le voyage interplanétaire est devenu techniquement possible, les vaisseaux spatiaux voyageront moins vite que la lumière et communiquer avec la Terre prendra chaque fois des années. Mais l’Institut de Recherches Prospectives a découvert une solution inattendue à ce dilemme : la télépathie. C’est ainsi que Pat, un adolescent extraverti, et son jumeau Tom vont pouvoir mettre leurs dons exceptionnels au service du grand projet de colonisation interstellaire. Tandis que Pat vieillira sur la Terre, Tom et tout l’équipage de l’Elsie échapperont à l’emprise du temps. Mais ces explorateurs d’un genre nouveau auront-ils jamais la chance de revoir le monde qu’ils ont quitté au terme des aventures extraordinaires qui les attendent dans les profondeurs de l’espace ? »

Je dois avouer que j’ai un certain regret à ne pas avoir lu des romans de cet auteur bien avant celui-ci. La thématique du voyage spatial habité est passionnante, surtout lorsque le texte est si bien décrit que tout paraît possible. Mais s’il n’y avait que ça ! Heinlein prend comme prétexte à ce voyage la problématique de la surpopulation. Déjà, en 1956, le sujet intéressait (pour ne pas dire préoccupait). ce qui donne une touche très contemporaine au récit alors que nous sommes près de 2 milliards de plus  sur terre qu’à la fin des années 50.

Dans le roman, Heinlein ne fait d’ailleurs aucune référence historique qui pourrait nous donner un indice de l’année ou même de la décennie dans laquelle le récit se déroule. Il devient donc alors tout à fait possible d’imaginer que le voyage interstellaire est désormais accessible. La nécessité de trouver d’autres planètes à terraformer et à peupler semble alors incontournable.

Cependant, là n’est pas le sujet du roman. Théorie de la relativité, paradoxe de Langevin (que j’ai découvert grâce à ce petit ouvrage) nous sommes bel et bien dans une réflexion qui confrontera l’espace et le temps. Novice à 100% sur ce sujet et n’étant pas scientifique, c’est avec des yeux d’enfant que je plonge dans ces concepts. Passionnant !

Côté récit pur, Heinlein fait tout pour que son lecteur soit du « voyage ». Tom, le narrateur, étant le voyageur, le lecteur devient forcément voyageur à son tour. Et pour amplifier cela, le récit, issu d’une sorte de journal intime, offre des passages privilégiés de l’histoire au lecteur. Nous sommes dans la peau de Tom. C’est rondement mené.
Enfin, L’âge des étoiles est un texte très humain. Dans le sens où Heinlein place l’Homme au centre de ses préoccupations. Qu’il s’agisse de l’avenir de l’humanité, mais aussi des relations à bord du vaisseau, puis des relations entre jumeaux éloignés, etc… Le tout dans une certaine mélancolie latente.

Bref, un récit très court, qui se lit avec une facilité déconcertante, mis en valeur par une couverture magnifique réalisée par Manchu.

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2 réflexions sur « L’âge des étoiles, de Robert A. Heinlein »

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