La planète des singes, de Pierre Boulle

La première fois que j’ai lu ce roman, c’était il y a 25 ans… (aïe). Après avoir vu la version de 68 avec Charlton Eston. C’est à l’occasion de la sortie de « L’affrontement » au ciné que je me suis dit que ce serait sympa de le relire et d’effectuer un petit retour aux sources. Le roman terminé, je me suis jeté sur la première adaptation ciné. Régression ? Non, simple nostalgie.

couverture et affiche du film planète des singes

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La planète des singes a été publié pour la première fois en 1963. 50 ans après, ce texte porte des thématiques toujours aussi contemporaines.

Tout commence par une bouteille à la mer récupérée par Jinn et Phylis. Une bouteille contenant le récit d’une découverte, d’une aventure menée par un physicien, son stagiaire et un journaliste, Ulysse Mérou. Ce dernier est le narrateur du récit ou plutôt du rapport. Ce qui fait d’ailleurs que les dialogues sont peu nombreux. Ayant traversé l’espace (et le temps) ils réussissent à rejoindre le système de Bételgeuse et se pose sur une planète « jumelle » de la Terre qu’ils nomment Soror. Là ils feront la rencontre d’une femme, à l’état sauvage, qu’ils nommeront Nova, puis de tout un peuple d’Hommes vivant comme des primates. Mérou fera ensuite la connaissance du peuple évolué de cette planète dans des circonstances bien dramatiques : un « safari » mené par des singes. À l’issu de cet événement Mérou sera capturé, emmené et mis en cage dans un laboratoire. Traité comme nous traitons les primates.

Une relation des plus fascinante s’installe entre Mérou et Zira, femelle singe docteur en psychologie animale. Tous les deux s’analysent, se découvrent… Finalement, avec l’aide de Zira et de Cornélius, son compagnon et grand scientifique, Ulysse Mérou se dévoilera lors d’un grand conseil. Ce qui lui permettra de passer de bête sauvage à citoyen au même titre que les singes, et ainsi devenir l’un des collaborateurs de Zira et Cornélius.

« L’Homme raisonnable ayant fait son temps, un être supérieur devait lui succéder, conserver les résultats essentiels de ses conquêtes, les assimiler pendant une période de stagnation apparente, avant de s’envoler pour un nouvel essor. »

Boulle inverse les rôles avec intelligence et bouscule les certitudes. Au delà de l’évidente preuve de violence dont l’homme est capable envers les animaux, avec ce roman, il aborde de nombreux sujets : ségrégation, évolution, castes sociales, supériorité et bien d’autres défauts de notre société. Le tout ayant pour objectif de prendre conscience que nous ne sommes pas les éternels détenteurs de cette planète bleue, que nous détruisons petit à petit. L’homme peut être un loup pour l’homme et peut le mener à sa propre perte.

Je n’avais pas le souvenir que le texte était aussi court – à peine plus de 200 pages. Je ne pense pas avoir pris toute la mesure des thèmes abordés lors de ma première lecture, je me rappelle juste avoir apprécié cette lecture malgré mon jeune âge. Je suis même surpris de le voir édité aujourd’hui chez Pocket Jeunesse. Il est indéniable aujourd’hui, avec du recul, que ce roman est incontournable.

Le film quant à lui date de 1968. Seulement 5 ans après la parution du roman. Il est à noter que le film est une réalisation américaine et non française, ceci pour expliquer la différence de préoccupations entre les deux supports.

Cette fois, la navette compte 4 personnes à bord, dont une femme. Ils se dirigent vers Orion et n’ont voyagé que 2000 ans. Le scénario suit relativement bien le récit de Boulle jusqu’au dernier tiers du film. Là Franklin Schaffner, le réalisateur, prend un tout autre parti pour ficeler son propre twist final. Sans trop en dire pour celles et ceux qui n’ont pas encore vu cette version, l’élément fondateur de la réflexion menée avec ce film est résumé dans une petite phrase de Taylor au tout début du film : « Après toutes ces années, l’homme fait-il toujours la guerre à son frère ? ». Cette citation viendra faire écho à une autre phrase du Docteur Zaïus en fin de film : « L’Homme est une créature qui aime la guerre et qui se bat pour le seul plaisir de se battre. L’Homme est un monstre ! »

Quelques petits détails sont différents du roman. Mais le plus important semble être le décalage entre l’évolution des singes dans le roman et celle du film, bien moins aboutie. Les automobiles ne sont pas présentes et les villes ressemblent plus à des villages. De même il apparait rapidement que le peuple du film n’a pas conquis l’ensemble de la planète. Quelques astuces sont également mises en place par la réalisation, comme la barrière de la langue. Pour faciliter la tâche dans le film et conserver la surprise, le personnage principal subit une blessure à la gorge, l’obligeant à ne communiquer que par écrit.

Malgré un début un peu long jusqu’à la rencontre avec Nova et les siens, tout s’enchaîne très vite ensuite. On pourrait peut-être reprocher un manque de subtilité des personnages et notamment avec Taylor, le remplaçant d’Ulysse Mérou. Mais finalement, cette première version a su garder tout son charme. Il est important de parler aussi de tout le travail d’acteur. Les masques limitant les expressions du visage, seul les regards sont réellement expressifs.

Vous l’aurez compris, un film toujours aussi culte à mes yeux malgré les années.

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