La journée d’un journaliste américain en 2889, de Jules et Michel Verne

Sur le coup, lorsque j’ai trouvé ce petit texte sur le store d’Apple, je n’ai pas tout de suite fait le rapprochement avec le petit bouquin « jeunesse » édité chez Folio Junior dans mes jeunes années. Avec une chouette illustration d’Enki Bilal d’ailleurs. C’est seulement en commençant la lecture que les souvenirs ont refait surface.

Couverture Journée d'un journaliste américain en 2889

Ce qui est intéressant dans cette version, réside dans la préface. Cette dernière expliquant l’histoire et le contexte d’écriture d’Une journée d’un journaliste américain en 2889. On y apprend par exemple, que ce court récit est une commande du directeur de l’époque du New York Herald. On apprend également que ce ne serait pas Jules mais son fils, Michel, qui en serait l’auteur suite au désistement de son père. Même si Jules Verne n’était pas bien loin pour affiner le récit. Le tout en… 1889.

L’histoire se concentre sur Francis Benett, directeur du Herald Earth, journal quotidien en pleine croissance (démesurée). Extrement influent dans la sphère politique, Benett est habitué à recevoir et conseiller les décisionnaires internationaux. Avec la description d’une journée type de ce Francis Benett, Verne (Jules ou Michel) se permet en fait d’énumérer un grand nombre d’inventions toutes plus loufoques les unes que les autres avec nos yeux d’homme du 3e millénaire : Les routes larges de 100m, les immeubles haut de 3km, les communications avec Jupiter, mars ou Venus, etc. Certaines de ses « inventions » n’ont encore pas vu le jour, mais d’autres sont déjà bien connues en cette année 2014 : la visio conférences, la lecture sur téléphone, etc. J’aimerai bien savoir comment ce récit a été perçu à l’époque.

Quand j’étais gamin, ce petit texte, comme pour Paris au XXe siècle, m’avait passionné, m’avait fait rêver. Aujourd’hui, avec du recul, je trouve ce récit complètement absurde et bien loin des récits d’aventure du grand Verne. Absurde dans au sens littéraire bien évidemment. Avec un Benett complètement aveugle et incapable de prendre la pleine mesure de ce qui l’entoure. Et puis en y regardant de plus près on se rend compte qu’il pourrait peut-être s’agir là d’un vrai pamphlet de la course à la modernité. On veut toujours plus, toujours aller plus loin, repousser les limites du grandiose et du grandiloquent. L’auteur évoque même les dérives et travers d’une justice plus rapide qu’efficace, les guerres technologiques et chimiques qui feront des ravages près de vingt cinq ans plus tard… sans oublier la publicité, omniprésente au point de générer des nuages dans le ciel afin d’y projeter des écrans promotionnels monumentaux. En peu de pages, tout y passe : art, sciences, culture, politique, médecine, écologie et environnement,…

Au final, voici un tout petit texte vraiment agréable à lire, pour qui, finalement, j’aurai eu deux petits coups de cœur à presque 30 ans d’intervalle.

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