La Décade de l’imaginaire 2014

C’est la première année que j’ai le plaisir de lire le nouvelles proposées dans le cadre de la Décade de l’imaginaire organisée par les éditions de L’Atalante. 8 textes plus ou moins courts composent cette édition 2014. Ce fut pour moi, à nouveau, une découverte de nombreux auteurs. Un vrai plaisir !

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Quand arriva la fin du Monde en fin de matinée, d’Anne Larue. Anne Larue nous présente une retraitée dans sa maison hospitalière en train de lire un roman de Virginia Wolf (des extraits viennent d’ailleurs ponctuer le récit, comme le ferait un sage, un conseiller), en pleine « fin du monde ». Elle est l’unique survivante au sein de sa maison de retraite et, malgré tout, paraît s’accommoder tout à fait de la situation. Elle sympathisera rapidement avec un petit garçon qu’elle rencontrera lors de ses « excursions ». On apprend après plusieurs pages qu’un transport extraterrestre est venu enlever tous les êtres humains détruisant cités et campagnes. Je ne sait pas pourquoi mais, de prime abord, les premières pages m’ont paru complètement absurdes. J’ai tout de suite imaginé Jacqueline comme une personne sénile. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée. Encore un truc à dire à mon psy 🙂 Il faudra que je le relise, c’est certain car au final c’est un très joli texte.

Du rififi entre les oreilles, d’Anne fakhouri. Premier texte d’Anne Fakhouri que je lis alors que je venait tout juste de lire ses échanges « numériques » avec Ian Mc Donald parus dans le Fiction numéro 19. Swann Moonlite, elfe et neveux d’Al Capone est féru de psychanalyse. Prétextant une étude sociologique, il demande à son oncle le droit de suivre une de ses « équipes » et plus précisément celle d’Old Odd,  les No-ears Four. Il va en profiter pour tenter d’analyser le chef et l’ensemble de la bande tout au Long de leur « mission » parsemée d’embûches et de fays, sorte de trolls et lutins. Il utilisera sans scrupule sa filiation pour obtenir ce qu’il veut. Un texte  très drôle d’urban fantasy qui mêle grand banditisme américain en pleine prohibition et magie.

Homéostasie, de Laurence Suhner. La Terre, dans un futur éloigné. Une neige noire recouvre tout et s’infiltre de partout. Apparemment la source vient de la Terre elle même. Ana, détenant des pouvoirs de « connexion » est appelée en renfort pour une mission de la plus haute importance. Même si le discours est quotidien, l’avenir de notre « vieille terre » reste incertain.  Avec cette nouvelle, Laurence Suhner donne justement une vision pertinente de quelque chose que nous n’imaginons pas. La fin est peut-être programmée et inéluctable. Une planète qui se meurt et qui ne veut qu’une chose : en finir. Un texte sombre et efficace. Certainement celui qui m’a le plus touché, dans cette édition de la Décade.

Le miroir d’electre, de Jeanne-A. Debats. Violette est ce qu’on appelle une clairvoyante .lorsqu’elle touche un objet ou une personne elle peut lire leur passé le plus enfoui. Mais ce don se révèle rapidement une plaie, obligeant Violette à porter des gants à longueur de temps. Au quotidien, elle est, malgré elle, la spectatrice de l’explosion du noyau familial. Sa rencontre avec Adam va se révélée être une bouffée d’air frais. Un très joli conte hommage au mythe d’Électre. Je découvre à travers ce texte l’écriture fine et inventive de Jeanne-A. debats avec un texte à la fois amusant et émouvant.

Horizon, de Carina Rozenfeld. Les Olphites sont  Les Hommes sont désormais  en capacité de coloniser et terraformer des astéroïdes. Parmi eux, il y a les Olphites, capables de communiquer avec les astéroïdes.  Horizon est l’un de ces astéroïdes. Evan, un des Olphites d’Horizon est né sur ce météorite. Avec le reste des colons d’Horizon et les équipes de la Terre, il se préparent à coloniser un deuxième astre mobile : Espérance. J’ai cru comprendre que cette nouvelle prenait place dans un univers déjà mis en place dans l’un des romans de l’auteur, Le mystère Olphite. J’ai trouvé beaucoup de douceur et de sérénité à ce texte.  Une très belle écriture, fluide.

Vers les airs, de Camille Brissot. Le pitch de cette nouvelle pourrait être très court : Un homme à la recherche de la femme qui l’aime en pleine apocalypse. Mais ce qui fait tout l’intérêt du texte de Camille Brissot est l’émotion qui en ressort en si peu de pages. Un très beau texte. Une belle histoire d’amour décrite avec des mots simples. Jusqu’où est-on capable d’aller par amour ? Qu’est-on capable de faire avec ce même amour ? La seule chose que je peux regretter avec cette nouvelle c’est qu’elle est un peu courte.

Burgundia Remanence, de Danielle Martinigol. Un jeune couple décide d’aller passer sa lune de miel sur Remanence, une planète « souvenirs ». Attirés par la section Vignobles, il font la connaissance de Monsieur Renay, viticulteur et clone depuis des siècles. Cette rencontre sera, pour nos 3 protagonistes, une révélation. Un texte sympathique, un bel hommage aux vignobles français et à la Bourgogne. Mais c’est aussi un joli clin d’œil à l’importance de pérenniser la culture des peuples pour se rappeler d’où l’on vient.

Aknaktak, de Sylvie Denis. Après avoir été trahis, Ian et tork se retrouvent prisonniers d’un tube qui s’enfonce, inexorablement, dans le sol jusqu’à trouver les strates les plus proches du magma incandescent. Ils seront sauvés par un peuple squelettique, presque difforme, vivant sous terre,  : les Nohsanis. En les suivant lors de leur rituel, le duo fera la connaissance d’Aknaktak. Je ne peux malheureusement que suivre les différents commentaires lus par ci par là. J’ai moi aussi eu du mal à rentrer dans ce texte ne connaissant pas l’univers de Haute école, créé par Sylvie Denis. Cependant j’ai trouvé les personnages très intéressants, surtout celui de Tork. Un duo certes classique (le sage patient et le jeune fougueux), mais qui au fil des pages fonctionne plutôt bien.

Homéostasie, Horizon et Burgundia Remanence comptent pour le challenge Summer Star Wars Episode II.

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