Intégrale Cal de Ter – T1, de P-J. Hérault

Première lecture de vacances estivales (il doit d’ailleurs rester quelques grains de sable entre les pages), Cal de Ter est à nouveau un roman qui trainait sur mes étagères depuis un moment alors que j’avais eu un vrai coup de cœur en voyant la couverture il y a un peu plus d’un an. L’occasion était trop belle de le sortir pour l’Épisode II du Summer Star Wars.

Couverture de Cal de Ter tome 1

Logo Summer Star Wars

Initialement édité par Fleuve noir, le cycle Cal de Ter comportait 7 romans et quelques nouvelles inédites. En 2013, Milady réédite le tout sous la forme de 3 omnibus. Le premier tome regroupant les 3 premiers romans : Le rescapé de la Terre, Les bâtisseurs de monde et La planète folle, parus respectivement en 75, 76 et 77.

Couvertures originales Cal de Ter

L’intrigue générale
Cal, logicien terrien, se retrouve en « hibernation » dans un module pénitencier, perdu dans l’espace.  À son réveil 10 000 ans ont passé. Il apprend que sa situation « délicate » est due à son ami Giuse qui, anticipant la destruction imminente de la Terre par Mars, a décidé de le sauver en l’éloignant de notre chère planète. Le module, programmé pour atterrir sur une planète de constitution proche de celle de la Terre, se pose sur Vaha. Il va alors découvrir les Vahussis, peuple primitif selon nos critères d’évolution, mais extrêmement pacifiste. Avec l’aide d’une technologie avancée issue d’un peuple disparu, les Loys, Cal va se mettre en tête de les aider, d’améliorer leur quotidien et de leur apprendre à se défendre, tout en gardant à l’esprit de ne pas répéter les erreurs « terriennes » et, surtout, de ne pas devenir l’objet d’un culte. Grâce à cette fameuse technologie nommée HI, Cal va pouvoir traverser les siècles et assurer le suivi de l’évolution de ce peuple.

Partie 1 : Le rescapé de la Terre

Hérault prend le temps dans cette première partie de bien décrire son personnage principal : sa psychologie, son physique, ses connaissances, etc… Il permet également au lecteur de faire connaissance avec la faune et la flore de Vaha. Il établit son univers, pose les bases nécessaires à la lecture de l’ensemble.
Il en fait de même avec le peuple des Vahussis, détaillant finement leurs principes de vie et leurs rituels.

Au fil des pages, il est assez troublant de voir Cal s’obstiner à « changer » ce peuple si pacifique. Eux qui n’aurait en aucun cas combattu vont, avec l’aide de Cal, devenir « assaillants » dans une stratégie de défense, par exemple. Impossible de ne pas se projeter dans nos cours d’Histoire et de se dire qu’à un moment il va aller droit dans le mur, malgré toute sa bonne volonté.

« Je suis un autre homme, même physiquement. Mon corps est plus costaud. Mes muscles plus forts, mais ma tête trimballe toujours les mêmes tourments. Pourvu que les Vahussis soient moins bêtes, moins méchants que les terriens… »

Le rescapé de la Terre est une introduction à un nouvel univers qui fait plus penser à un planet opéra qu’à du Space Op. Pourtant, vu la couverture, je m’attendais à être bien plus projeté dans les étoiles. Pour le moment ce n’est pas le cas…

Partie 2 : Les bâtisseurs de monde

Dans cette seconde partie, je suis resté assez surpris par l’attitude de Cal. Très directif, peut être trop confiant à mon sens. Un trait de caractère que je n’aurai pas soupçonné à la lecture du premier texte.
C’est un sentiment assez étrange. D’un coté Hérault réussi à faire en sorte que nous soyons pris d’affection pour ce personnage, d’un autre Cal devient quasi horripilant à force de se placer dans des situations qui ne le concernent pas. Je me suis retrouvé constamment dans un entre deux. Et puis il y a cette impression d’assister à une chute inexorable. L’impression que Cal mène les Vahussis à leur perte.

« Et voilà, la bonne vieille morale terrienne se retrouve ici. Il est probable qu’elle y fait autant de ravages. »

Je m’attendais à une grande épopée galactique. Avec cette seconde partie, le récit relève plus de la science fantasy que du Space Opéra. Hérault refait l’histoire, notre histoire, mais ne propose pas d’alternative. Un peu déçu par cette seconde partie, donc, que j’aurai aimée plus ingénieuse.

Partie 3 :  La planète folle

Avec les premiers chapitre de cette dernière partie, je me suis « ça y était, l’auteur nous emmène enfin dans l’espace avec un combat des plus maîtrisés ». Et finalement, ce n’est que de courte durée. Le chapitre suivant nous ramène sur Vaha, à une époque proche du moyen âge de notre histoire. Un peu lassant au départ car j’aurai aimé plonger dans quelque chose plus « Space ». Mais finalement je m’y suis fait. Et puis après quelques chapitres on se rend compte que ce récit est construit différemment. Désormais Hérault mêle les genres et le lien avec l’espace est bien présent.
Même si certains passages semblent cousus de fil blanc, quelques petites astuces et rebondissements font que cette 3e partie redonne du rythme à l’ensemble et donne l’envie d’aller plus loin.

Ce qui au départ semblait laborieux et mal « embouché », devient finalement, un propos intéressant : et si nous pouvions tout reprendre à zéro. Mais ce que je pressentais au départ se matérialise enfin dans les dernières pages. Comment ne pas répéter nos erreurs passées.

« Il n’y a nul part de planète où l’on puisse vivre en paix ? Où la violence soit exceptionnelle, où les hommes ne deviennent pas des machines à tuer ? »

En conclusion, on pourrait parfois avoir l’impression d’une écriture dépassée voire naïve, mais tout le talent de Hérault réside justement dans la facilité de lecture de son texte. Je ne dirais pas que ce premier tome est un « Page turner » (c’est à dire pris par une intrigue des plus abouties) mais ça se lit vite et bien. Le jeune public pourrait d’ailleurs y trouver son compte. Certains diront qu’il s’agit de science fiction populaire. Moi je vois ça comme un compliment.

Parlons peu, parlons couv’ !

C’est par elle que tout a commencé si mes souvenirs sont bons. Ce premier tome est sur mes étagères depuis sa sortie, c’est à dire un peu plus d’un an. Bizarrement, pendant tout ce temps, cette couverture a été très présente presque fascinante. Ne connaissant pas l’intrigue principale, elle laissait libre cours à tout un tas de suppositions quant à la destination de cet aeronef. Bref, je suis sous le charme.

Vous pouvez lire aussi la chronique (piquante) de Yossarian et celle de Kissifrott.

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