Hécate, de Frédéric Jaccaud

Avec Hécate, Frédéric Jaccaud signe un roman noir (très noir) plus qu’un polar. Il n’y pas de construction classique, pas d’enquête à proprement parlé. Même le flic, Anton Pavlov, n’est qu’agent de la circulation. Non il s’agit là plus d’une obsession, d’une soif de comprendre les origines de l’insoutenable, de la violence voire de l’obscène. Quitte à tendre vers la folie.

Avec ses 130 pages, Hécate est un roman court, troublant et dévorant, une vrai descente aux enfers. Impossible de s’en défaire. Et il vous collera à la peau de longues minutes une fois refermé.

« Ici, confiné dans un monde sans nom, sont réunis les éléments constitutifs d’un conte noir, des stéréotypes composant le fumier idéal pour cultiver le sordide et l’ignoble. »

Tout commence par une scène de carnage intolérable. Anton Pavlov, mu par sa curiosité, lâche son poste de terrain pour se rendre sur la scène de crime. Ce qu’il verra alors ne le lâchera plus. Impossible d’oublier. Il cherchera un sens à toute cette horreur.

« Il ne s’agit pas ici d’un homme assassiné, d’un homme torturé, mais d’un corps meurtri par des dents et des griffes, un cadavre primal, premier, non pas mangé mais déchiqueté, tel qu’on pouvait en rencontrer dans les forêts obscure de cette humanité d’avant, de cette humanité qui tremblait en entendant hurler les loups, grogner les meutes affamées de chiens, effrayée de pouvoir être pourchassée. »

Le roman est écrit très simplement, avec de courtes phrases, sans emphase ni artifice. Jaccaud colle à sa démarche : le fait divers. On se retrouve lecteur-spectacteur devant l’inéluctable. C’est froid, sans émotion, et pourtant on est piégé, obsédé par la résolution du mystère jusqu’à la dernière page. Et pourtant, ces réponses que l’on attend ne sont pas forcément celles que Frédéric Jaccaud souhaite nous donner…

Parlons peu, parlons couv !

Première chose, cette couverture est la première d’une longue liste créée à la suite d’une refonte complète opérée par Gallimard sur la collection « Série noire ». Le nouveau format est hyper intéressant. C’est entre-deux. Un peu plus grand que le poche habituel mais qui reste toutefois bien en main à la lecture.

Ensuite il y a cette photo. Quelle photo, vous ne trouvez pas ?! Noire comme le texte de Jaccaud, violente, un animal nous sautant dessus, les yeux sans vie, les oreilles rabattues et les crocs en avant. Le tout souligné par un titre égal à un cri, dans un rouge qui ne peut laisser de marbre et qui vient comme confirmer que nous allons bel et bien prendre une claque en ouvrant le roman. Ici, on est loin du traditionnel jaune qui pendant des années a accompagné la série et c’est bien vu ! Une vraie réussite !

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