Fiction 19

Ça y est ! J’ai enfin pris le temps de terminer ce numéro et d’en faire un petit billet. Ce fut laborieux car j’ai eu beaucoup de mal à trouver l’inspiration. Bref, voilà donc mes impressions sur le numéro estival de Fiction.

Couverture Fiction19
Illustration : Aurélien Police

La première partie, le magazine est plutôt agréable par rapport au numéro précédent. La correspondance entre Ian Mc Donald et Anne Fakhouri et très sympa. Ils partagent à la fois des expériences d’auteur et se donnent des tuyaux sur la France et l’Irlande, sur leur fandoms respectifs, le lectorat, etc… Très plaisant. Le dialogue entre Fabrice Colin et Serge Lehman est lui aussi très sympathique. On sent une vraie amitié entre ces deux là, même lorsque la discussion aborde les périodes sombres de Serge Lehman. Un entretien croisé qui m’a beaucoup touché.
La suite des articles « Magazines » se rapprochent vraiment des analyses du bon professeur Lehoucq, bien connu des lecteurs de Bifrost. J’ai trouvé ces articles bien plus passionnants que ceux du numéro précédent. Même remarque pour les photos Steampunk, dans lesquelles j’y ai trouvé plus d’intérêt que celle sur le corps du numéro 18 qui ne m’avait pas du tout interpellé.

Et les nouvelles ?!

On commence avec le texte « marketing, extrait du recueil Dernières nouvelles de Majipoor. Le bout du chemin, de Robert Silverberg. Nouvelle introductive du recueil et réelle entrée en matière pour tout le cycle de Majipoor.
Il y a plusieurs milliers d’année les hommes se sont installés sur Majipoor. Ils partagent cette planète avec les espèces autochtones surnommées les « changeformes ». Avec ce texte, on fait la connaissance de Stiamot, sorte de conseiller du Coronal (le haut commandant pour faire court), qui vient investiguer sur les changeformes et essayer d’apaiser les esprits.
Je découvre Silverberg avec ce récit (ne tapez pas trop fort !) et donc le Cycle de Majipoor par la même occasion. Et je dois dire qu’avec « le bout du chemin », j’ai vraiment envie de me plonger dans cet univers. Peut-être commencerais-je par le recueil édité chez Actus Sf d’ailleurs.

Mais pour le reste des textes, j’avoue que je suis plus réservé, plus sceptique. Certains paraissent trop longs et perdent en dynamisme quand d’autres sont à la limite de la compréhension.
Chienne, de Robert Darvel, ne m’a pas du tout convaincu. Une nouvelle très courte mais trop métaphorique, selon moi, et qui perd vite son lecteur malgré un sujet intéressant : L’hypersexualisation de notre bonne vieille société.
On arrive ensuite au « gros » morceau de ce numéro avec la nouvelle de Kate Wilhelm, Avec le temps. Même si le sujet du voyage dans le temps et la manière dont l’auteure le traite m’a vraiment tenu en haleine, j’ai tout de même trouvé que le récit souffrait de longueurs. J’aurais aimé, par moment, que Kate Wilhelm aille plus vite dans la résolution de l’énigme, là où elle ne fait que répéter son concept de base.
Avec Abjudication Positive, de James Morrow, je me suis demandé si j’allais aller au terme de la revue. Même si l’auteur joue ici la carte de l’humour, je n’ai pas du tout accroché avec son univers. Et puis arrive LE texte que j’attendais : Code 666, de Michael Reaves. J’ai découvert Reaves avec l’univers Star Wars il y a quelques années et j’avais très envie de le lire dans son propre univers. Et je dois dire que j’ai retrouvé la fluidité d’écriture que je lui connaissais avec plaisir. Ici on côtoie la mort, les revenants, les ambulances, les hopitaux…  un univers à couper au couteau, très prégnant. Un très bon moment de lecture qui m’a permis de persévérer et d’aller vers les autres textes.
La nouvelle de Felicity Shoulders, Petites Villes, est un très beau texte qui relate la vie d’une jeune fille ne mesurant qu’une vingtaine de centimètre, et sa rencontre avec un fabricant de jouet en bois. Tout ne va pas se passer comme elle le souhaite mais la conclusion est à la hauteur des espérances du lecteur. À la limite du conte par moment et qui m’a rappelé qu’il fallait que je lise L’homme qui rétrécit de Matheson 🙂
Avec la nouvelle d’Estelle Faye, Et in Arcadia ego, je me suis franchement demandé où je mettais les pieds. Un homme, un soldat, perdu au bau milieu d’un champ de bataille, en plein froid, préfère utiliser ses batteries pour jouer à son jeu favori plutôt que pour sa couverture de survie. Et puis bizarrement, j’ai « avalé » ce texte d’une écriture des plus agréable. Un très très bon moment.

C’est avec les 3 dernières nouvelles que je suis le plus mitigé. 3 textes qui ne m’ont pas transporté.
Lun’ D’Argent de Steven Utley aborde le voyage dans le temps d’une manière originale mais m’a vraiment laissé sur ma faim. De la même manière, avec La Tête aux Souhaits, Jeffrey Ford ne semble pas aller au bout des choses. Ce qui partait comme une sympathique nouvelle de polar noir se termine de manière assez confuse à mon sens.
Ce numéro 19 se termine avec un texte de Sonia Quémener qui, dès les premiers paragraphes, laissait pourtant présager de bons augures. Malheureusement, outre ses qualités liées au propos même du récit (plutôt bien vu d’ailleurs) , Il y eut un Soir, Il y eut un Matin a eu du mal à me convaincre. Peut-être est-ce simplement dû au fait que je porte pas vraiment d’intérêt à la Bible… Je demanderai  à mon psy 🙂

Voilà donc un numéro en dessous du précédent à mon sens. Mais j’ai pourtant hâte que le 20e sorte et malgré les difficultés financières que Fiction connait, j’espère vraiment que le mook perdurera. Des objets littéraires de ce type sont des plus importants pour les auteurs comme pour les lecteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *