Drift, de Thierry Di Rollo

J’ai découvert Thierry Di Rollo par le biais de nouvelles parues dans Bifrost, et je n’ai pas toujours été emballé. Mais la couverture de Manchu m’a attiré comme un papillon vers la lumière. Alors je me suis laissé porter et je dois dire que c’est un vrai coup de cœur. Drift comporte tout ce que je peux attendre et tout ce que j’aime dans la SF.

Couverture de Drift

Logo Summer Star Wars

Je ne vous cache pas que j’ai eu un doute au début, au sujet de sa potentielle comptabilisation pour le challenge SSW. La dernière de couverture annonçant un space opéra, il faut tout de même attendre d’avoir passé la première moitié du roman pour y être. Drift est un roman riche, qui explore (presque) tous les sous-genres de la SF. Par sous-genre, j’entends les genres qui composent la SF et non un terme péjoratif qui viendrait rabaisser l’ensemble. Un récit en 4 parties. chaque partie pourrait représenter un des grands genres de la SF justement, dont le Space Op. Drift est donc ma 4e participation au Summer Star Wars de Lhisbei.

Le récit débute dans une ambiance à couper au couteau, comme un bon roman post-apo, sur une Terre surpeuplée, désolée, sombre, où les humains ne sortent que la nuit pour ne pas se faire éliminer comme de la vermine, le jour, par les Diurnes. Sorte de vigie montée sur une Mante ambiote, « agrandie » chimiquement.

« Quand on a compris que ces saletés de tueurs, tous des friqués de la pires espèce, ne sortaient et ne chassaient leur gibier que le jour, on en a été réduit à choisir la nuit pour au moins survivre. »

« Diurne, c’est ce que je voulais être. Chasser le pauvre pour le plaisir, le sport, braver le danger des cités-poubelles. »

Ici le héros se nomme Darker, ados débrouillard amoureux de Kenny sa cadette, devenu tireur sans faille une fois adulte. Tous deux habitent MorneVille (explicite, non ?) et son accompagnés de Surynat, une ambiote élevée dans la clandestinité par Darker.

Dans la seconde partie, plus cyberpunk, l’auteur évoque l’évolution forcée du corps humain, ou plutôt les deux possibilités d’étendre la vie : le clonage ou l’arrêt du vieillissement. On y découvre les « Justes », la haute société, et leur projet de vol interstellaire pour dénicher une planète clémente, pouvant accueillir les plus chanceux. Ce voyage se fera sur le Drift, immense vaisseau en forme de flèche.

« Le cocon du Drift est rassurant, inaltérable. Les humains restent fragiles. […] Rapide aux yeux de ceux qui l’ont conçu, ridiculeusement lent à l’échelle de l’univers. »

C’est là le début du voyage « space opéra » qui se terminera quasiment comme un « planet op » dans les dernières pages. Le « voyage » prendra plusieurs siècles, l’extension de la vie est incontournable, c’est LA solution pour le millier de personnes composant l’équipage, de traverser l’espace (et le temps) sans avoir besoin de gérer des grossesses et des naissances.

Ayant un peu peur de dévoiler trop de rebondissements (car ils sont nombreux) je n’irai pas plus loin dans le résumé.

Très cinématographique, Drift de Thierry Di Rollo ne s’attarde pas sur les descriptions superflues, simplement sur l’essentiel. Les « plans » se succèdent à un rythme régulier, j’ai été complètement immergé dès les premières pages. L’auteur jongle entre scènes d’actions et réflexion philosophique, regard sur la condition humaine, sur la détérioration de notre monde et la répétition de nos erreurs.
Drift bénéficie d’une écriture intelligente pour un roman à la fois sombre et poétique. J’ai cru lire « fataliste » sur certains blogs. Ce n’est pas faux, et c’est aussi cela qui me donne envie de connaître un peu plus l’auteur.

Parlons peu, parlons couv’ !

Comme je le disais au début de ce billet, c’est à la vue de l’illustration de Manchu que j’ai acheté ce roman. Une superbe illustration nous présentant un Drift des plus majestueux, monumental à coté des navettes et vaisseaux les plus habituels à cet époque. Ajoutez à cela le nom même de ce pachyderme en lettres rouges… une vraie réussite.
Seul le ciel ne paraît pas en accord avec le récit de Thierry Di Rollo, que l’on imagine beaucoup plus gris et pollué. Mais là c’est pour chipoter.

Une réflexion sur “ Drift, de Thierry Di Rollo ”

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