Deep Winter, de Samuel W. Gailey

J’ai eu l’occasion de rencontrer Samuel W. Gailey lors du festival L’Échappée Noire. Festival de lecture noire et policière organisé sur Grenoble chaque automne par… ma chère et tendre épouse. Gailey est un homme plutôt introverti mais qui se passionne pour la nature et les hommes, qui étudie et détaille chaque lieu où il se trouve. Les montagnes grenobloises n’ont pas été sans le toucher. Un très belle rencontre avec son public pour l’arrivée de son premier roman en France : Deep Winter.

Couverture Deep winter de Gailey

La quatrième de couverture donne le ton à ce roman intense : « Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir le soir même de son anniversaire. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants de Wyalusing méprisent Danny, le craignent et l’évitent. Immédiatement, l’adjoint du shérif, un homme violent et corrompu, le désigne comme l’assassin, et tout le monde se plaît à le croire. Mais Danny n’est pas prêt à se soumettre. En quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici chavire. »

Alors autant le dire tout de suite, j’ai aimé ce roman. J’ai aimé son écriture. J’ai aimé son découpage en chapitres. J’ai aimé les personnages, le lieu même de l’histoire, le laps de temps très serré (24h), et bien d’autres choses encore. J’ai été touché, ému, violenté même par moment, par ce récit à la fois poétique et brutal.
Deep Winter est un roman très sombre et très manichéen à la fois. Un roman où la nature, la forêt et le froid de l’hiver ont autant d’importance que les personnages. A un point tel que lorsque la tension monte, les chutes de neige se renforcent, accompagnées du vent.

Les personnages, justement, parlons en ! Ils ont tellement d’importance dans le récit, que chaque chapitre leur est dédié. Un personnage par chapitre. Un ton, un mécanisme d’écriture calé sur la personnalité du personnage choisi, pour chaque partie du roman. Par exemple, pour  Sokowski les phrases sont simples et courtes. Très dynamiques. Alors que pour Danny, les chapitre sont naïfs, quasiment poétique sur certains passages, bourrés de question sans réponse.

Aah Danny… LE Beau personnage de cette difficile histoire. Avec son petit côté Forrest Gump et son corps immense, il fait forcément penser au personnage de Lennie de Steinbeck. Cette « masse » un peu simple d’esprit, cet homme, devenu déficient intellectuel a cause d’un accident lorsqu’il n’était qu’un enfant, qui représente toute la bonté que l’on peut trouver sur terre. Alors qu’au contraire, Sokowski n’est que violence et pure méchanceté. Et puis il y a Carl, une espèce de bras droit non officiel accumulant les mauvais choix, que Sokowski prend pour « son chien ». Peut-être le seul qui se promène sur la ligne qui sépare le bien du mal, le seul qui a des remords. Chaque personnage a toute l’attention de son auteur, que son « rôle » soit petit ou grand. Mais il est vrai que par moment j’aurai apprécié plus de subtilité, de complexité. Ce sera mon seul et unique bémol pour ce texte que j’ai littéralement englouti.

Pour un premier roman, Gailey signe une intrigue très bien construite, dans les règles de l’art (peut-être est-ce dû à son expérience de scénariste) du polar et du roman noir. Un autre coup de cœur en cette année 2014 qui se termine.

2 réflexions sur “ Deep Winter, de Samuel W. Gailey ”

  1. Hello Hari,

    Thank you for the very kind review. It was a pleasure to meet you at the festival. I hope to meet you again, perhaps when my second book is published in France.

    Merry Christmas & Happy New Year

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