Bifrost 78, Ursula K. Le Guin

Le Bifrost nouveau est arrivé ! Et ce mois-ci, il met à l’honneur une auteure multi récompensée, j’ai nommé Ursula Kroeber Le Guin. Même si je n’avais encore jamais rien lu d’elle jusqu’à ce numéro ( je vais finir par ouvrir une page spéciale pour me faire huer…) j’ai pourtant déjà croisé un de ses univers phares par le biais du film d’animation « Les contes de Terremer ». Adaptation pour lequel je n’ai gardé quasiment aucun souvenir, c’est vous dire ! L’occasion est donc trop belle de faire connaissance avec une auteure majeure de la SFFF.

Couverture Bifrost 78
Illustration : Anders Lazaret

Généralement je commence par le Guide de lecture et par ajouter des titres à ma liste d’envies, mais pour une fois j’aimerais vous parler de l’édito. Plus qu’un coup de gueule, j’y ai vu une vraie déclaration d’amour à la littérature de l’imaginaire et plus particulièrement à la Science fiction, avec comme d’ordre « le plaisir avant tout ! ». À ne pas zapper.

Côté nouvelles, 3 nous sont proposées cette fois-ci, dont 2 (courtes) d’Ursula Le Guin, et une 3e (plus consistante) de Laurent Genefort.
Découvrir des textes d’un auteur qui m’est inconnu alors que (presque) tout lecteur amateur de SFFF a lu ses plus grands textes, est toujours pour moi un moment étrange, quasi mystique. Surtout dans le cas d’Ursula Le Guin, à l’origine de deux grands cycles clé, récompensée à plusieurs reprises… Et puis passé les premières lignes je me laisse aller (clin d’œil à l’édito) et me concentre uniquement sur le plaisir de lecture. Et je dois dire que ça a été le cas coup sur coup avec les deux textes proposés ici.
Le premier, Ceux qui partent d’Omélas, est superbe. À la fois très « linéaire » (dans le sens où les choses se révèlent à nous au fil de nos « pas » sur les chemins d’Omélas), poétique et troublant. La réflexion, qui ne se dévoile qu’en toute fin, est simple : Que feriez-vous si vous appreniez que votre bonheur et celui de la cité, ne reposait que sur les épaules d’un seul homme ? Un seul homme sur qui tous les malheurs du monde s’abattent.
La seconde nouvelle d’Ursula Le Guin, Le mot du déliement, est (était !) inédite en français jusqu’à présent. Une nouvelle qui nous emmène dans l’univers de Terremer, aux côté de Festin dans un combat contre Voll le cruel (tous deux sorciers). Un texte fort sympathique, peut-être un peu court pour se faire une réelle idée de ce que peut-être Terremer, mais qui donne envie d’aller plus loin.
Je terminerai avec Ethfrag de Laurent Genefort qui nous plonge dans l’univers d’Omale. Le peu de textes de Laurent Genefort que j’ai eu l’occasion de lire, m’a toujours convaincu. J’attendais avec impatience de lire cette longue nouvelle. Un scientifique fait des expérimentations sur une race non humaine dans des camps de la mort. Une nouvelle qui n’est peut-être pas très originale niveau scenario mais qui a le mérite de poser les bonnes questions sur la place de la science, ses procédés et la conception que chacun se fait du bien et du mal. Une nouvelle qui aurait très bien pu se passer il y a 70 ans. Un texte froid et terrifiant.

Côté dossier, c’est du lourd, du très très lourd. 65 pages d’entretien, de guide lecture sur les cycles de l’Ekumen (qui n’en ai pas vraiment un à la lumière de ce numéro) et de Terremer (mais pas que !), un voyage aux côtés d’Ursula Le Guin de sa plus tendre enfance jusqu’à nos jours, et son incursion dans la littérature jeunesse. Ça en impose, on a une impression d’exhaustivité, mais pour un néophyte comme moi, s’en est presque trop… J’ai donc bien noté les deux romans phares de l’auteure, Les dépossédés et La main gauche de la nuit, que j’ajouterai à L’autre côté du rêve, déjà présent sur mes étagères.

Pour le reste du numéro, on retrouve bien évidemment la parole de libraire (toujours aussi agréable), un long papier du professeur Lehoucq qui décortique la Force dans l’univers Star wars (doit-on y voir les prémices du futur livre à paraître au Bélial ?) et tout le reste.

Et j’en reviens enfin au Guide de lecture. Nombre des livres présentés cette fois-ci, ont déjà trouvé une place dans ma PAL.
J’ai tout de même pu noter :

  • Celle qui a tous les dons, de M.R. Carey
  • L’âme de l’empereur, de Brandon Sanderson
  • 029 Marie, de Franck Manuel
  • L’Adjacent, de Christopher Priest

Niveau couverture, on pourra noter la très belle illustration d’Anders Lazaret. J’ai toujours un peu de mal avec le placement des titres c’est vrai, mais le résultat est là. Une chouette couv’ !


Lire aussi l’avis de Xapur et de Yggdalivre

 

Une réflexion sur “ Bifrost 78, Ursula K. Le Guin ”

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