Bifrost 77 (Mélanie Fazi)

Ça y est j’ai fait le pas, je suis désormais à Bifrost. Me disant qu’après plusieurs numéros achetés ou glanés en bibliothèque et malgré les nombreux défauts récurrents (couverture mal embouchée, critiques plutôt raides par moment,…), la revue avait tout de même énormément de qualités. J’aime cette revue. Qu’on se le dise.

Illustration de Bastien Lecouffe Deharme
Illustration de Bastien Lecouffe Deharme

Comme à mon habitude j’ai attaqué la lecture par la partie magazine. Je ne sais pas si cela vient de moi mais j’ai l’impression que les avis se durcissent au final des numéros. Oh les gars, on se détend ! Où est le plaisir sinon ? Bref, j’ai tout de même pu noter un bon nombre de références :

  •  Damnés, de Chuck Palahniuk
  • Terminus radieux, d’Antoine Volodine
  • Aubes trompeuses, de Jean-Pierre Andrevon
  • Déchirés, de Peter Stenson
  • Heureux veinards, de S.G. Brown
  • Le château des millions d’années, de Stéphane Przybylski

À la lecture du Coin des revues, je me suis aussi dit que ce serait bien que je me prenne un numéro du magazine Galaxies. C’est chose faite avec le numéro 33 qui ne devrait plus tarder. Mais ce sera un autre billet 😉

Pas forcément emballé par le papier de Pierre Stolze, je suis rapidement passé à (mon) incontournable : la parole de libraire. La petite rubrique que j’apprécie de plus en plus sans savoir réellement pourquoi. Ici c’est Olivier Legendre, responsable rayon SF dans une librairie généraliste, qui est interviewé. L’ensemble manque peut-être un peu de rebond ou de spontanéité, mais c’est toujours aussi sympathique je trouve.

Place ensuite au gros morceau, la très (très) longue interview de Mélanie Fazi. Auteure que je découvre complètement. Et là je dois dire chapeau ! Chapeau pour la qualité de cet échange aussi long soit-il. Le tout est très agréable à lire. J’ai hâte de découvrir l’univers très personnel de Mélanie Fazi, surtout après la mise en bouche sur laquelle je reviens juste après.

On retrouve ensuite Roland Lehoucq, accompagné cette fois-ci de Jean-Sébastien Steyer, abordant le sujet de la vie sur les astres glacés. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas pris autant de plaisir à lire un papier du « professeur » et ça valait le coup d’attendre. Et en plus il me prend par les sentiments en commençant sa réflexion avec Star Wars comme référence. Que demander de plus ?

Je le disais au début de ce billet, c’est une habitude, je termine toujours la lecture des Bifrost par les nouvelles. 3 nouvelles de qualité avec des intérêts différents mais qui dans l’ensemble laissent un sentiment positif après plusieurs jours. Les clés de Manderley de Mélanie Fazi, par exemple, m’a laissé un vrai goût de nostalgie. Ayant moi aussi pu partager de grands moments de cinéma, découvert de vieux films américains, dans une maison de vacances étant gamin, ce texte m’a touché plus que de coutume. Et puis qu’elle belle écriture, légère et tout en finesse. Avec une petite touche de fantastique. Parfait en ce qui me concerne.
Ensuite c’est au tour de Stéphane Beauverger, avec Replay. Un texte à rebours, pas simple (dur même), centré sur un personnage dont on ne connaît pas le nom, qui a l’impression de ne rien maîtriser auprès de sa compagne, ayant du mal à gérer la situation, détestant la maison qu’elle a choisi au point d’étouffer et souhaitant s’en échapper… Telle l’image qu’il se fait de la maison,  son état se dégrade au fil des jours, jusqu’au point de non retour.
Essaim fantôme de Greg Egan, m’a quelque peu frustré. Parti d’une idée plutôt bien ficelée et crédible (l’utilisation et la miniaturisation des drônes à des fins criminelles), je n’ai pas compris la fin, ou plutôt pourquoi il avait pris le parti de terminer de cette manière. Frustrant.

Parlons peu, parlons couv !

Très sincèrement, j’ai un vrai problème avec les couvertures de Bifrost. La revue nous propose des illustrations de qualité, mais la composition finale n’est presque jamais adaptée, ne soutient pas le travail de l’illustrateur. Au contraire ! Dans le cas du 77, le « bloc » d’accroches vient complètement casser la perspective et la profondeur. On perd également la continuité des jambes du personnage central avec le sol. Le regard est happé par les titres et on perd la lecture de plusieurs éléments fort de l’illustration. Vraiment dommage !

Voir aussi l’avis de Lhisbei.

 

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