Bifrost 73

C’est complètement par hasard que je suis tombé sur un article d’un blogueur faisant une critique de la revue Bifrost, de ce numéro pour être précis. Jusqu’à cette date, cette revue m’était complètement inconnue (oui je vous l’ai dit je découvre pas mal de choses ^^). Ni une ni deux, me voilà en train de la commandée directement sur le site du Bélial.

CouvBifrost73

 

Même si je ne connaissais rien à Lovecraft, à part les jeux de rôle dont me parlaient mes potes du lycée il y a… quelques années, j’ai été très attiré par cette couverture, par cette illustration « horrifique », juxtaposant l’univers de HPL et son travail d’écriture. Attiré parce que intrigué. Alors la première chose que j’ai faite en recevant le numéro, c’est de me plonger dans le dossier (plutôt conséquent) lui étant consacré. Sacré job que de rédiger un tel dossier ! C’est hyper complet, très documenté, analysé et les auteurs nous proposent un très grand nombre de références et de parallèles… Mais il manque le principal : un récit. Pas un seul texte de HP Lovecraft dans les pages de ce numéro portant pourtant (désolé) en grosses lettres son nom sur la couverture.

Ce qui n’a pas arrangé mon cas. Je ne suis pas plus attiré par cet univers et par cet auteur. Impossible d’en expliquer la raison. Il y a peut-être un peu trop d’abstraction, trop d’éléments qui me demanderaient de ne pas chercher à obtenir de réponse ou de solution alors que j’apprécie de tout comprendre. (Vous avez dit thérapie ?)

Bref, j’en reviens au sommaire, à la constitution même de Bifrost.

À la différence de Fiction, Bifrost donne moins de place aux nouvelles. Les proportions sont inversées. Ce qui permet à l’éditeur de privilégier le dossier, les critiques de livres (qui ont contribué à augmenter ma liste de livres à lire…), une interview de libraire (fort intéressante au demeurant) et une petite section « Science fiction » en fin de recueil, comme un bonbon en fin de repas. Pour le 73, l’équipe de Bifrost nous a concocté un sujet des plus surprenant : Les Kaijus et Jaegers. Vous savez les Robots monumentaux (Jaegers) qui combattent de gros monstres reptiliens de la famille de Godzilla (Kaijus). Ça vous revient ? Bon ! Eh bien contre toute attente, j’ai trouvé cet article plutôt bien foutu, si si !

En ce qui concerne les nouvelles donc. Elles sont au nombre de 4 et représentent une soixantaine de pages.

On commence avec un texte de Thomas Day, Forbach. Auteur que je découvre et qui a d’ores et déjà son nouveau recueil de nouvelle dans ma liste d’achat. Un texte surprenant construit à rebours, très sombre, mélangeant le fantastique avec des petites touches de polar.
Vient ensuite Une épouvantable odeur de Lavande de Claude Ecken. Là encore un auteur que je ne connaissais pas et pour lequel, je pense, je porterai un intérêt particulier dans les semaines à venir. Son texte m’a vraiment happé. Pour moi ce récit est plus proche d’un polar que de l’univers de Lovecraft. Un homme se réveille dans une chambre d’hopital en présence d’un inspecteur de police et d’un médecin, et se rend compte qu’il ne se souvient de rien. Accident ? Agression ? Une olfactothérapeute doit l’aider à retrouver la mémoire grâce aux odeurs qui, souvent, sont liés à nos souvenirs les plus profonds. Un récit avec une fin des plus savoureuse. Vous l’aurez compris, c’est mon coup de cœur de ce numéro de Bifrost.
Geomorpho de Céline Zufferey, prend la suite. Un texte de science-fiction très très court, bien construit et plaisant mais sans vraiment d’intérêt finalement. Je ne m’attarderais pas.
Et enfin LA nouvelle qui m’a fait convaincu d’acheter cette revue : Les détails de China Miéville… et qui malheureusement ne m’a pas du tout parlé. Pourtant cela fait un moment que je ne lis que du bien de cet auteur, mais ce texte n’a pas su éveiller quoi que ce soit en moi. Une nouvelle très étrange, fantastique, proche du frisson par moment. Miéville manipule son lecteur comme son personnage central et le force à chercher lui même les vérités. On en ressort avec plus de questions qu’à la première page.

Pour un premier numéro, j’ai vraiment apprécié cette revue. Je pense que je réitérerai l’expérience. J’ai notamment noté 3 anciens numéros qui devraient rejoindre mes étagères. Le numéro dédié à Michel Pagel notamment, ou bien ceux dédiés à Asimov et G.R.R. Martin.

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