Bifrost 72

Depuis que j’ai eu à lire Fahrenheit 451 au collège, j’ai toujours eu un peu de mal avec Bradbury. Peut-être est-ce dû à l’effet d’obligation. Même la lecture des Chroniques Martiennes, quelques années plus tard, ne ma pas transcendé plus que ça. Alors c’est avec un peu de retenue que je me suis lancé dans la lecture de ce 72e numéro de Bifrost, me disant qu’au contraire, avec le temps (qui a dit que j’étais vieux ?!), je saurais peut-être mieux l’apprécier aujourd’hui.

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Cette fois-ci, Bifrost nous propose 3 nouvelles de l’auteur en couverture. Trois nouvelles de Ray Bradbury qui m’ont permis de (re) découvrir l’univers de cet auteur que j’avoue, très honnêtement, mal connaitre.

On commence avec Le Cercueil. Un texte sympathique sur les relations entre deux frères. Le premier, plutôt riche, inventeur à ses heures, est en fin de vie. Le second quant à lui « profite » de la vie aisée de son ainé, espérant bien conserver le tout à son décés. L’humour y est noir, c’est assez cynique et la fin en fera sourire plus d’un. J’enchaine tout de suite avec la seconde nouvelle de Bradbury, Un petit voyage. Je reviendrai plus tard sur les récits intermédiaires.
Malgré le cynisme avéré de Bradbury, j’ai eu du mal à trouver de l’intérêt avec ce second texte. Une vielle dame rejoint un groupe de personnes âgées sur Mars dans l’idée de pouvoir atteindre le « tout puissant » avant de passer l’arme à gauche. Pour moi c’est un texte vieillissant par son style (un peu ce que je reproche à Bradbury dans l’ensemble),  trop « retro » à mon goût.
Enfin, la dernière nouvelle et non des moindres puisqu’il s’agit là, à mon avis, de la meilleure nouvelle des 3. La grande roue est un texte fantastique (le genre, non l’adjectif), sombre, qui n’a pas été sans me remémorer mes jeunes années et le film Les Goonies. Cela pourrait ressembler à un conte. Deux enfants épient, une nuit, la fête foraine qui vient juste de s’installer dans leur ville, et plus particulièrement M Cooger. Ils découvrent alors que la grande roue détient un étrange pouvoir sur le patron de la foire. Un texte qui donne apparemment un avant goût de La Foire des ténèbres de Bradbury qu’il y a des chances que je me procure rapidement.

3 nouvelles assez inégales donc. Mais ce n’est pas tout ! Ce numéro de Bifrost est bien garni ! On y retrouve encore deux autres nouvelles. Tout d’abord un récit de Christian Léourier, auteur que je découvre. Le Réveil des hommes blanc est, pour moi, le plus beau texte de cet opus. Un vrai récit humaniste. De la science fiction comme je l’apprécie, avec en arrière plan l’idée que l’homme est un loup pour l’homme. Ça m’a donné envie d’en lire plus et de me procurer Le cycle de Lanmeur. On termine avec Le Pacha de Jean-Philippe Depotte. Un texte de théâtre pour lequel je n’ai éprouvé aucun intérêt. Peut-être à cause de la forme justement.

Pour ce qui est du reste de ce numéro, j’ai plutôt apprécié le dossier au sujet de Ray Bradbury. On comprend facilement ce qui l’a amené à l’écriture et à toucher les différents genre de la littérature de l’imaginaire. Pour tout vous dire j’ai ensuite fais l’impasse sur l’article à propos de Fahrenheit 451 (honte sur moi !) mais je me suis plus attardé sur le guide de lecture. Incroyable de voir le nombre de romans de l’auteur qui manquent cruellement de notoriété. Par exemple, ses polars m’étaient complètement inconnus. Avec ce guide on se rend compte aussi très vite que Bradbury était un vrai touche à tout. La dernière petite perle de ce Bifrost est le papier, passionant, sur les exoplanètes.

Les romans qui viennent s’ajouter à la longue liste d’envies suite à la lecture du Bifrost 72

  • La troisième lame d’Ayerdhal
  • Le Dragon Griaule de Lucius Shepard
  • Les lumineuses de Lauren Beukes
  • Chansons de la Terre mourante 1, collectif, présenté par G.R.R. Martin et Gardner Dozois
  • La foire des ténèbres de Ray Bradbury
  • Le Cycle de Lanmeur de Christian Léourier

Parlons peu, parlons couv’ !

N’est-elle pas magnifique cette illustration de couverture ? Une réalisation du talentueux Aurélien Police dont on a déjà fait la connaissance sur le Fiction 18.  Aurélien a réussi à rassembler en une seule illustration tout ce qui caractérise le travail de Bradbury. Tout est là : du plus sombre au plus lumineux. Du fantastique à la Science fiction. Une vraie réussite ! Mon seul regret, et ce n’est pas la première fois que je vous en parle dans le cas d’un Bifrost, c’est le travail typographique de l’accroche. À nouveau le titre vient parasiter l’ensemble. Dommage !

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