Bifrost 67

Second numéro de Bifrost qui tombe entre mes mains. À l’origine, ce numéro, consacré à G.R.R. Martin, faisait partie de ma WishList. Finalement c’est en tombant dessus à la bibliothèque que ma chère et tendre s’est empressée de me le prendre (D’ailleurs il y a un chouette filon dans les bibs de Grenoble). Qui dit numéro consacré, dit Dossier et Guide lecture dédiés, forcément. Mais au contraire du numéro 73, celui-ci nous offre 2 nouvelles de l’auteur exposé !!!

Globalement, j’ai trouvé que ce numéro avait la critique dure. Du coup difficile de se sentir proche d’un récit qui pourtant pourrait nous « cueillir » à pleine page. Et cela se confirme, notamment, avec le petit « reportage », très négatif, au sujet de la trilogie 1Q84  de Murakami, qui pourtant a connu un franc succès auprès des lecteurs. Inutile à mon goût. Malgré tout, j’ai réussi à piocher et ajouter quelques titres à ma longue liste d’envies.

  • Nuit noire, étoiles mortes, de Stephen King
  • Enola Game, de Christel Dhiel
  • Women in chains, de Thomas Day
  • Le petit guide à trimballer de Philip K. Dick, d’Étienne Barilliez

Le Dossier sur G.R.R. Martin ne m’a pas semblé indispensable, portant à mon goût beaucoup trop d’anecdotes sur sa vie et pas assez focalisé sur son travail. Mais il m’a tout de même donné d’autres idées lecture : Les rois des sables, Dragon de glace, Le Volcryn et Skin Trade. Décidément, je me demande si c’est une bonne chose que je lise ce genre de revue… L’article sur le Trône de fer est, quant à lui, plus fourni (influences, méthode, explication du découpage des tomes, lien avec la série d’HBO,…) pour celui qui n’a rien lu, ce qui est mon cas.

On remarquera enfin l’habituelle rubrique « Parole de libraire » toujours fort intéressante, ainsi que la petite pastille « Science fiction » de fin de numéro. Cette fois-ci l’auteur se questionne sur la notion de gravité ou plutôt d’anti-gravité. Sympa.

Concernant les nouvelles, je vous le disais plus haut, deux d’entres elles sont du maitre. On commence donc naturellement avec Retour aux sources, récit 100% SF dont le personnage central, Trager, la vingtaine, est un « contrôleur ». Un contrôleur de cadavres. Ces derniers représentant de la main d’œuvre à coût zéro pour les travaux les plus durs ou les moins respectables. Une fois équipés, il devient alors aisé, pour un pro, de les manipuler et leur faire exécuter des tâches précises. Mais cette nouvelle ne s’arrête pas là et Martin plonge plus profondément dans l’âme humaine. Très vite Trager se rend compte qu’il souhaite autre chose, une autre vie. Et justement, avec de la Vie ! Mais la vie a aussi ses « bas » et ses échecs. C’est à la fois un récit sombre, un peu glauque par moment, et très mélancolique.
Ensuite vient un court texte dénommé 1997, ou comment les hommes ont perdu la guerre galactique, de Léo Henry. Auteur que je ne connaissais pas mais qui m’a convaincu avec ce très beau récit d’amitié entre deux jeunes garçons. Les quelques pages de la nouvelle les voit grandir et s’éloigner, chacun prenant des chemins et destinées différentes jusqu’à se retrouver. J’ai été très touché par cette nouvelle. Touché parce qu’on est obligé de se voir dans ces quelques lignes, tellement les relations entre les deux enfants sont proches de ce qu’on a pu vivre étant enfant, surtout qu’ils ont les mêmes âges que moi. C’est une vraie plongée dans le passé. Et puis ce récit est surprenant par sa chute. Henry aborde le thème du « miroir » d’une manière efficace. Au final on ne sait plus ce qui est vrai ou faux, ni si l’auteur nous a manipulé. Très bon.
On termine le numéro avec une autre nouvelle de G.R.R. Martin, Le régime du singe. Une incroyable histoire fantastique, centrée sur une personne obèse souffrant du regard des autres et de la société en général, qui a accumulée les échecs lors de ses multiples tentatives de maigrir. Arrive le jour où il rencontre un ancien partenaire de cure qui a miraculeusement minci. A tel point qu’il ne ressemble plus a rien : usé, fatigué, éreinté il lui avouera comment il a procédé. Une histoire pleine d’humanité, un vrai questionnement sur la différence et les dérives de l’envie d’être dans la norme. Et bien sur, une fin à la hauteur du maitre Martin.

Parlons peu, parlons couv’ !

Que dire si ce n’est que nous avons devant les yeux une très belle représentation du Trône de fer réalisée par Elian Black’Mor. Le travail de composition, de la couleur , le regard perdu, quasi vide, du personnage pourtant imposant par sa carrure, donne une incroyable dimension à cette illustration. Ce qui me donne l’occasion de découvrir cet artiste et son book (http://www.elian-black-mor.com/).

Par contre j’ai toujours autant de mal dans la construction même des couvertures de Bifrost… Je trouve les accroches très mal positionnées, pas travaillées et surtout, qu’elles parasitent l’illustration pourtant très belle. Plus d’humilité ne ferait pas de mal dans le traitement typographique.

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