Bifrost 58

Numéro (fournis) dédié à Laurent Genefort. Un auteur que je ne connaissais que de nom et dont j’ai l’impression, maintenant, que j’ai loupé pas mal de choses. En fait c’est après avoir lu une critique de Gromovar sur l’intégrale Omale et avoir appris que Laurent Genefort était de passage à Grenoble que je me suis dis que ce serait bien, effectivement, de lire ce Bifrost.

Couverture Bifrost 58

Comme d’habitude, on commence par les nouvelles. Pour ce numéro, elles sont au nombre de 3. Trois hourras pour Lady Évangeline de Jean-Claude Dunyach ouvre le bal. Évangeline est envoyée en pensionnat sur une planète qu’elle ne connait pas encore. À peine débarquée, la voilà prise dans une invasion d’insectes extraterrestres. Si elle ne veut pas y laisser sa peau, elle devra s’adapter. Un récit des plus surprenant, déroutant. Très organique. Les pages auraient presque tendance à coller aux doigts.  Ça m’a rappelé le travail de Cronenberg sur eXistenz par exemple. J’ai bien aimé ce texte, captivé du début à la fin, au contraire du suivant : Miroirs mutilés. Peut-être à cause la rupture de ton, plus poétique, mélancolique et finalement plus « calme » à mon goût. Ici on retrouve la thématique des robots. Mon sentiment aurait-il était différent si j’avais commencé la lecture des nouvelles par ce texte ? Allez savoir.

Et puis il y a la troisième et dernière nouvelle. Celle de Laurent Genefort : Rempart. Autant vous le dire tout de suite, j’ai pris une grosse claque à la lecture de ce texte, très fort et très contemporain. L’histoire parait pourtant simple : des « passages » entre notre monde et des planètes extraterrestres s’ouvrent sur tous les continents permettant une soit disant « invasion » alien. Finalement ces aliens ne sont pas belliqueux, au contraire, ils se montrent même plutôt dociles et paisibles. Le problème est qu’ils sont de plus en plus nombreux. Plus qu’une invasion, Laurent Genefort aborde ici le thème de l’immigration avec tout ce que cela implique. L’autre et sa différence. Vaste débat me direz-vous. En peu de pages, il va réussir à concentrer toutes les dérives de notre société actuelle sur le sujet, et n’hésite pas à utiliser ses personnages comme des miroirs de l’Homme que nous sommes aujourd’hui. Un texte incroyable de pure SF, sur la tolérance, qui m’a vraiment touché.

« Je me demande alors si, depuis l’arrivée des aliens, il reste un seul humain sur terre pour s’émerveiller de l’infinie diversité de l’univers »

Comme d’habitude avec Bifrost, les nouvelles sont suivies par un guide de lecture qui me permet à nouveau d’ajouter quelques références à ma wishlist :

  • L’Homme qui s’est retrouvé d’Henri Duvernois
  • Le manuscrit Hopkins, de R.C. Sherriff
  • Izaïn, né du désert, de Johan Eliot (Jeunesse)
  • Chien du Heaume, de Justine Niogret

Une longue interview de Laurent Genefort, très plaisante, qui sert aussi de Guide lecture. On y apprend que l’homme est un bourreau de travail et qu’il a énormément de recul sur tout ce qu’il a pu éditer dans ses jeunes années. Qu’il a côtoyé (et côtoie encore !!) les grands noms de la SF, qu’il écrit aussi bien de la fantasy et du CyberPunk, qu’il est, depuis 2008, traducteur et directeur de collection chez Bragelonne…

Après la lecture de Rempart et cet entretien, il en ressort une liste de romans qui viennent s’ajouter à ma future Pile à lire : Le Bagne des ténèbres, Les peaux-épaisses, Haute-enclave, Les chasseurs de sève, Les opéras de l’Espace, MémoriaLa mécanique du Talion et bien évidemment le cycle d‘Omale.

Ce numéro se termine sur l’habituelle pastille scientifique. Cette fois-ci Roland Lehoucq parle d’Avatar et de Pandora : « Est-ce que tout ce que nous raconte James Cameron est possible ? » Réponses construites à partir de calculs et de faits scientifiques. Passionnant.

 

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