Atom[ka], de Franck Thilliez

J’ai eu un peu de mal à rédiger ce billet. Un peu de mal car l’impression d’avoir déjà tout dit ou formulé beaucoup de choses sur le travail de Franck Thilliez. Forcément, la peur de se répéter était toute proche. Alors je ne reviendrai pas sur le travail d’enquête de l’auteur, ni sur sa volonté d’extrême crédibilité scientifique. Je reste impressionné par ses recherches titanesques, fondements de chacun de ses romans, qui viennent étayer ses intrigues, chapitre après chapitre.

Couverture Atom[ka] de Thilliez

Atom[ka] se situe dans la suite directe de Gataca. On y retrouve bien évidemment nos deux flics, Franck Sharko et Lucie Hennebelle, désormais en couple. Lucie n’est plus sur Lille mais a pu intégrer le 36 et fait équipe avec Franck régulièrement. Ensemble, ils essaient de panser leurs blessures respectives, de se reconstruire et surtout de songer à l’avenir, entre tensions et complicité, mais les drames du passé ne sont jamais bien loin.

Ici, c’est la découverte du corps d’un journaliste dans son congélateur qui va les mettre sur la piste d’un tueur, machiavélique, noyant ses victimes dans des lacs mais prenant le temps d’appeler les secours. Certaines reviendront parmi les vivants comme par miracle, d’autres non. Mais pourquoi ? La quête de réponse va emmener les deux enquêteurs dans les tréfonds de l’horreur, de Paris au Nouveau Mexique, en passant par l’Ukraine et la Russie. Ce qui devait être une banale histoire de meurtre va s’avérer beaucoup plus complexe.

En parallèle, Sharko se voit pris à parti et, alors qu’il est le prédateur sur l’enquête des « noyées », devient la proie d’un psychopathe s’évertuant à faire renaître l’Ange rouge et le tueur aux papillons Sphynx. Avec cette seconde intrigue, Thilliez nous apporte des réponses de situations délicates restées en suspend dans le précédent volume, Gataca.

Alors que dans la Mémoire fantôme, l’obscurité était omniprésente, ici c’est le froid qui s’accroche dés la couverture. Un froid saisissant, oppressant, voire étouffant. Franck Thilliez aborde la thématique de l’hypothermie et de l’animation suspendue. Sorte d’état, de frontière entre la vie et la mort. D’ailleurs, pour appuyer son propos, Thilliez a scindé son roman en 3 parties : La vie, La mort, La frontière.

Le second thème abordé, et celui qui m’a le plus porté et passionné tout au long de ces 600 pages, est la radioactivité. En quelques pages Franck Thilliez brise l’omerta qu’il règne autour de la catastrophe de Tchernobyl et des conséquences, encore aujourd’hui, de l’explosion du réacteur sur les populations les plus proches mais aussi les plus éloignées. J’avoue avoir eu quelques frissons en lisant certains passages (et pas seulement à cause du froid). J’ai appris énormément de choses et, forcément, tout ceci a un impact encore plus particulier avec la « plaie » encore ouverte de Fukushima.

Ce qui ajoute de l’intérêt à l’ensemble, ce sont justement toutes ces références historiques qui viennent appuyer le discours général du roman et l’enquête de Lucie et Franck. L’auteur remonte au début des années 1900, aborde le projet Manhattan, nous présente Marie Curie et Albert Einstein, nous parle de la découverte de la radioactivité et des risques non mesurés à l’époque. Passionnant !

Et puis, comme d’habitude, avec Thilliez les situations sont constamment sur le fil. Toujours prêtes à basculer d’un côté ou de l’autre. Et malgré cela, je ne placerai pas ce roman dans la catégorie des Thrillers, mais bel et bien du polar. L’angoisse laissant régulièrement sa place à une noirceur sans concession et une intrigue très bien ficelée.

Au final, ce n’est peut-être pas le meilleur roman de la série des Sharko-Hennebelle, même si je n’ai pas vu passer le grand nombre de pages, mais le plus prenant à mes yeux au niveau de la thématique choisie. Je le redis : passionnant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *