Anomalie P, de Stéphane Pajot

Voilà un roman acquis lors d’un coup de cœur sur la couverture,  laissé un peu à l’abandon sur les étagères de la bibliothèque. Et puis j’ai eu envie de lire quelque chose de différent que ce que je suis habitué à lire ces derniers mois. En faisant un peu de tri, Anomalie P est revenu naturellement à la surface. 

Couverture Anomalie P
Couverture : Leraf

Tristan Madec est chauffeur d’éléphant. Il conduit le pachiderme mécanique des Machines de l’île de nantes. Tristan est toxico. Il a tout essayé. Mais en ce moment, ce qu’il le fait triper, c’est la petite nouvelle, celle que Vanzini, son pote et dealer, lui refile : le batraxil. Avec elle Tristan se sent plus apaisé, capable de partir, loin, dans des contrées qu’il n’identifie pas au départ. Pablo, quant à lui, va se marier. Il fête son enterrement de vie de célibataire sur les bords de Loire quand, lors d’une « épreuve » de pêche à la grenouille, une vague étrange le fait tomber à l’eau et disparaitre. Et puis il y a Gloria. Une âme rebelle qui prendra de multiples risques pour sauver son « monde » et un homme. Gloria est une grenouille.

Si vous pensiez lire un polar pure souche, désolé, ce n’est pas le cas. Il y a pourtant bien un tueur qui rode dans ces pages, mais ce qui nous intéresse se trouve bien plus loin.  Anomalie P est un roman très étrange, un univers très très spécial auquel j’ai eu un peu de mal à accrocher mais qui finalement ne m’as pas laissé indifférent. L’envie de savoir où l’auteur m’emmenait était plus fort que le fait d’être convaincu ou non. Sans aller jusqu’à dire que les « âmes sensibles doivent s’abstenir » il est certain qu’il faut être ouvert pour apprécier pleinement ce récit. Pour ma part, je suis resté assez hermétique. Et finalement avec du recul, ce roman m’a fait penser à deux grands classiques : Alice au pays des merveilles et Le magicien d’Oz. Tout d’abord pour l’idée du « passage » d’un monde à un autre, puis pour le fait de ne plus trop savoir ce qui est de l’ordre du réel ou du fantasme.

Stéphane Pajot a une manière assez surprenante de raconter les choses et ses personnages. Il distille par exemple quelques infos importantes sur le trafic de drogue dans de longs paragraphes présentant le quotidien de Tristan. Au beau milieu d’une phrase on apprend que Tristan est sur écoute, puis Pajot revient, tranquillement à sa description… « Quoi ? Comment ? Non mais attend là, vas-y, faut en dire plus !!! »
Mais l’écriture est belle et maitrisée. Stéphane Pajot prend plaisir à jouer avec les mots et les métaphores. J’ai particulièrement apprécié les descriptions de Tristan, qu’il soit Clean ou perché par le Batraxil.

Malgré un bilan un peu mitigé, Anomalie P me restera encore un moment en mémoire, c’est une certitude. La très belle couverture de Leraf en sera en grande partie responsable.

Voir la chronique de Fondu au noir.

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