Alex, de Pierre Lemaitre

Le voilà enfin le fameux roman dont tout mon entourage me parle depuis quelques mois. Alex de Pierre Lemaitre, qui a reçu le prix des lecteurs policier en 2012, se révèle être un roman d’une efficacité à toute épreuve.

9782253166443-T« Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne. « 

Une fois n’est pas coutume, je commencerai par la couverture. Finalement c’est un peu logique puisque c’est bien par là que débute toute relation avec un livre. Regardez un peu le regard de cette femme ! Impossible de savoir si elle est apeurée, résignée ou au contraire plus vaillante que prévu car n’ayant plus rien à perdre. Une seule image qui résume vraiment bien l’ambiance générale de ce court roman.

L’intrigue générale et la construction même du roman sont très fortes. L’auteur commence son récit dans le canon du polar, puis bascule l’ensemble pour se jouer des codes, le tout en 3 actes bien marqués.

Niveau personnages, Pierre Lemaitre prend le temps de nous expliquer ce qu’il s’est passé durant les 4 années qui séparent Alex de Travail soigné, le premier tome. Le commandant Verhoeven est un homme brisé. La mort lui colle à la peau. Malgré ces 4 années passées tout est encore frais. Sa mère, sa femme, son père… Un personnage qui me fait peu penser à Sharko, le flic de Franck Thilliez. Alors quand il apprend qu’une femme (Alex) est séquestrée quelque part dans Paris, il est impossible pour lui de ne pas revoir l’image de sa femme, Irène, dans la même situation quelques années auparavant, et enceinte de son premier enfant.

Là où Lemaitre fait fort réside justement dans la situation bourreau/proie. Le fait de voir d’abord Alex en victime nous empêche de la voir autrement par la suite. Lemaitre joue sur l’empathie de son lecteur et ça fonctionne ! Je dirais même que c’est assez effrayant lorsqu’on se rend compte que nous sommes en accord avec ce personnage qui finalement se révèle d’une extrême violence. On ne sait plus sur quel pied danser. Même constat avec son « geôlier » dont le statut changera assez rapidement finalement.
Le lecteur à constamment l’impression de voir les ficelles de l’intrigue. Lemaitre le laisse croire qu’il a la maîtrise. Mais finalement il l’emmène dans les actions et les retournements de situation les plus inattendus. Mais je n’en dis pas plus.

Ah si une dernière chose : la vengeance est un plat qui se mange froid… très froid. 😉

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