Le Volcryn, de George R.R. Martin

J’hésite depuis longtemps à me lancer dans le long cycle non abouti du Trône de fer et pourtant le travail de G.R.R. Martin m’attire vraiment. La première rencontre avec l’auteur a été la lecture du numéro 67 de Bifrost. Pas forcément utile à créer un déclic pour aller plus loin, j’ai tout de même pris le temps de mettre de coté quelques références. Le Volcryn en faisait partie. 

Ce court roman, 160 pages, part d’une idée simple (presque déjà vue). Une équipe de scientifiques, menée par Karoly d’Branin, prend place à bord d’un vaisseau : l’Armageddon. Leur but, retrouver les Volcryns, peuple légendaire dont l’existence même n’est pas avérée.

Couverture du Volcry de GRR Martin

« Une race de sensitifs, originaire d’un mystérieux quelque part au cœur de la galaxie, qui fait route vers ses confins, peut-être même vers l’espace intergalactique, mais en se maintenant en permanence dans les profondeurs intersidérales, sans jamais faire halte sur une planète et ne s’approchant jamais à moins d’une année lumière. »

Au fil des pages, l’intrigue se scinde en deux. D’un coté, la quête des Volcryns (oui au pluriel, mais pour savoir pourquoi il vous faudra lire le roman) qui constitue l’obsession de Karoly, son graal, puis de l’autre l’intrigue interne au vaisseau, le mystère qui règne autour de Royd Eris, commandant de l’Armageddon.

Vous l’aurez compris il s’agit là d’un huis clos. Et comme toujours avec ce genre de configuration, la situation devient vite étouffante et angoissante. Ce qui commence comme une petite virée bien sympathique tourne rapidement au cauchemar. Martin surfe sans temps morts sur la montée de la paranoïa chez ses personnages mais aussi chez son lecteur.

« Vous ne supportez pas d’ignorer ce qu’il vous cache. Depuis des semaines Rojan invente des contes à dormir debout et il est prêt à les croire tous en bloc. Alys est nerveuse à s’en couper les doigts et nous en sommes tous à nous chicaner à longueur de journée. »

Il est à noter que le roman, ou plutôt cette novella, n’est pas chapitrée, comme pour nous amener doucement (mais surement) vers l’inéluctable. Difficile de vous en dire plus sans risquer de vous spoiler. Je pense en avoir déjà assez dévoilé.

Cette lecture fut donc un vrai moment de plaisir. Le Volcryn est un texte court, cette, mais rudement efficace.
Pour moi le tour de force de G.R.R. Martin est d’avoir réussi à donner autant d’épaisseur à ses personnages et de nous immerger dans l’histoire en si peu de pages.

Parlons peu, parlons couv’ !

En phase avec le récit, l’illustration est plutôt simple mais très efficace elle aussi. On la doit à Lasth, déjà auteur de quelque couvertures chez ActuSf et Denoël.
La première chose que l’on voit c’est cette silhouette, en contre plongée, apparemment en combinaison. Casque et masque à oxygène sur le nez. Les orbites des yeux semblent creuses comme pour accentuer le coté angoissant de la couverture déjà très présent par les couleurs utilisées. lorsque j’ai découvert cette couverture j’ai tout de suite pensé aux personnages, les « ingénieurs », de prométhéus.
En fond, on distingue ce qui pourrait être une carlingue de vaisseau mais on comprend bien que ce n’est pas là dessus que Lasth met son focus.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet illustrateur : http://lasth.net

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